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 Gardiens des âmes

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Nahel
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MessageSujet: Gardiens des âmes   Mer 2 Mai - 11:22

Chapitre 00


A la fin de la guerre opposant les royaumes libres aux forces du Chaos, il ne restait plus que cinq pays sur les six qui s’étaient engagés à lutter pour le bien sous les directives de l’Ordre.
Du pays détruit pendant les batailles, il ne restait qu’une petite contrée désolée que l’Ordre avait rattachée sous le contrôle du Royaume du Centre.
Tout le reste avait été envahi par l’obscurité émanant du Chaos.
Il avait fallut de nombreux sacrifices pour arriver à la création de la frontière qui empêcherait les hordes sauvages du Néant d’envahir les pays libres.
Les plus puissants enchanteurs de l’époque unifièrent leurs pouvoirs pour mettre en place une démarcation magique qui les aviserait et qui limiteraient les incursions ennemies. Ils firent appel à une magie très ancienne et oubliée que seules les races magiques connaissaient.
Le plus anciens des dragons transmit la connaissance aux mages humains qui possédaient les dons nécessaires ainsi que la puissance.
Il ne divulgua à personne d’autre le fonctionnement de cette magie de peur qu’il en soit fait un mauvais usage dans l’avenir.
La force des mages et la coalition des armées des cinq nations restantes permirent l’impossible.
Mais le prix de cette victoire fut énorme.
Nombreux furent ceux qui succombèrent avant que la frontière ne soit efficace, notamment
les mages responsables de son édification.
Les moines qui composaient une des castes de l’Ordre se mirent en devoir de rechercher comment fonctionnait la frontière afin de prévenir tout risque de rupture.
Le Dragon étant mort lui aussi pendant l’édification de la frontière plus personne ne connaissait son mode de fonctionnement.
Quant aux Gardiens des âmes qui composaient le reste de l’Ordre, ils optèrent pour surveiller les abords de la frontière et assurer la sécurité des populations.
Cette partie de l’Ordre se composait des mages survivants armés de leur lame fouet.
Selon les légendes ces lames étaient les objets magiques les plus anciens et les plus puissants du monde. L’origine de leur création se perdait dans un passé lointain et obscur.
Elles étaient sorties de leur sommeil au début des affrontements contre le Chaos.
Elles avaient été découvertes dans les ruines d’une cité du royaume de l’Ouest.
Elles se trouvaient toutes là, accrochées au mur d’un vieux temple comme endormies. On avait l’impression qu’elles attendaient que leurs porteurs se présentent devant elles pour se ranimer.
Ce fut ce qui se passa quand les Gardiens entrèrent dans le bâtiment décrépi qui les renfermait.
D’après les comptes-rendus de mission et les récits des témoins de cette découverte, trois spectres se présentèrent devant les trois mages qui possédaient les pouvoirs les plus grands. Chaque fantôme guida un gardien vers une lame dont la garde était ciselée et ornée d’un métal inestimable. Le pommeau de chacune d’elle était constitué d’une pierre précieuse de couleur différente.
Les spectres apprirent leur nom aux Gardiens. Celui-ci se trouvait être aussi le nom des épées qu’ils confièrent aux mages pour qu’ils puissent accomplir leur mission.
Les trois lames avec un nom se trouvaient être les plus anciennes et les plus puissantes de toutes les lames fouet qui se trouvaient dans la bâtisse.
Pour la lame avec un pommeau bleu, il s’agissait de Justice, symbole de la protection.
Pour celle qui avait une pierre verte, la lame la plus âgée s’appelait Equité. Elle représentait la loyauté.
Quant à celle dont le pommeau se parait d’une pierre rouge, elle s’appelait Persévérance et elle symbolisait la puissance.
Certaines rumeurs disaient que c’étaient elles qui avaient guidé les mages vers le dragon pour qu’il leur enseigne la magie de la frontière.

Cinq ans après la fin de la guerre, il y eut un incident qui faillit remettre en cause l’équilibre instauré par l’Ordre et ses diffèrent représentants. Les meutes loups, une des races magiques des cinq royaumes, se révoltèrent contres les décisions de l’Ordre à propos de la façon dont celui-ci se chargeait de s’occuper de la frontière. Les moines n’avaient pas découvert grand-chose sur la magie qui avait crée la frontière. Pour plus de sécurité, ils décidèrent de sceller tous les enfants nés avec les dons de l’esprit. Ils avaient mis en évidence que la frontière était sensible à cette magie et pour limiter les risques de rupture, ils avaient décidé de faire disparaître cette forme de magie. Ils brûlèrent tout ce qui s’y rapportait. Les clans loups n’approuvèrent pas cette politique qui risquait de les mener à l’extinction. Les loups ne disposaient pas de la magie élémentaire mais était capable pour certain de développer des capacités puissantes liées à la magie de l’esprit. Ils refusèrent que leurs descendants soient muselés comme de vulgaire chien. Ils s’exilèrent loin des humains se désintéressant du sort des nations qu’ils avaient contribué à protéger jusque là.

Pendant dix ans, il n’y eut aucun problème.
La frontière remplit son office.
Elle semblait imperméable et elle résistait à toutes les attaques.
Les habitants des cinq royaumes s’habituèrent à la présence de la frontière.
Les moines s’en désintéressèrent et laissèrent la vie suivre son cours. Ils préférèrent s’occuper des relations politiques et diplomatiques entre les différents pays qui formaient maintenant un ensemble nommé les Cinq Royaumes.
Les lames qui perdirent leur porteur pendant la guerre retournèrent dans les ruines du royaume de l’Ouest où il fut construit un temple à leur intention.
Seul Justice disparut dans la tourmente sans que personne ne sache ce qu’il était advenu de la lame fouet.

Chaque domaine retrouva la paix et recommença à vivre paisiblement.
Le royaume du centre qui avait récupéré la petite province restante du sixième pays se mit en devoir de reconstruire cette région dévastée par la guerre.
Ce pays avait développé une forte magie élémentaire liée à l’eau ce qui leur permit de rendre rapidement les terres fertiles. Le roi de cette contrée et le conseil, qui l’aidait à gouverner, surent guider le pays sur la voie de la prospérité.
Le chef suprême, ayant un enfant pouvant prétendre au trône, refusa de se remarier pour rendre hommage à sa reine, décédée lors de la formation de la frontière. La souveraine était l’un des gardiens qui sacrifia son existence pour que la protection magique soit imperméable à toute intrusion.
Malgré sa peine il gouverna convenablement son pays.

Le royaume du sud était celui où cohabitaient les humains et la race magique des Hyelsharra.
Cette race magique formait une horde immense toujours en mouvement.
Elles se déplaçaient dans les plaines pour faire du commerce et de l’élevage.
De ce peuple magique, on ne pouvait voir que les femmes qui prenaient l’apparence de magnifiques chevaux blancs. Il était rare de voir un seul homme Hyelsharra sortir des camps itinérants ou des villes que ce peuple occupait pour l’hiver et où très peu d’étrangers étaient admis.
Chacune des deux races avait son propre gouvernement. Leurs représentants se rencontraient régulièrement pour réviser les différents accords qu’ils avaient conclus depuis la création du pays.

Le pays de l’Ouest n’était en grande partie constitué que de déserts et de montagnes.
Il s’y trouvait peu d’humains en dehors de la ville de Gaherin qui abritait le temple des lames fouet. Le reste de la population était composé de Dragons.
Les clans les plus anciens et les plus respectables de cette race magique avaient élu domicile depuis des générations dans les montagnes du nord du pays dans une zone froide et difficile d’accès. Ils n’entretenaient que peu de relations avec leurs voisins humains.
Ils vivaient paisiblement de leur côté tout en acceptant de recevoir par courtoisie la visite des membres de l’Ordre.
Car dans chaque pays des cinq royaumes, les moines de l’Ordre avaient une tour où l’un d’eux assurait le rôle d’ambassadeurs auprès des dirigeants politiques du pays.
Généralement le beffroi se localisait dans la capitale du pays mais pour celui-ci qui n’en possédait pas, il se trouvait à Gaherin.

Le royaume du Nord se composait quant à lui d’être humain et de clans Dragon qui commerçaient un peu plus que les autres tribus de leur race avec les humains.
Ce pays était constitué de montagne et de forêts luxuriantes. Le roi qui gouvernait avait le pouvoir absolu. C’était le pays ou les libertés individuelles étaient les plus réprimées mais l’Ordre veillait sur le respect des lois et des droits de chacun. La principale richesse de ce pays se trouvait dans ces carrières de minerais rares et précieux dont les filons étaient abondants dans le sol.
La magie était utilisée pour extraire le minerai en limitant le danger pour les ouvriers.
Dans chacun de ces pays, elle tient encore une place importante dans la vie quotidienne.

Seul un royaume, celui de l’Est, avait changé radicalement de politique à la suite de cette guerre.
Estimant que la magie était en partie responsable des hostilités, les dirigeants optèrent pour la bannir.
Ils jurèrent pourtant fidélité à l’Ordre acceptant de se soumettre aux règlements communs de libre échange et de commerces entre les pays.
L’indulgence de l’Ordre fut principalement due au fait que ce pays avait été très appauvri par les derniers affrontements et que les ressources magiques en avaient été presque entièrement épuisées.
De plus ce pays s’était rapidement orienté dans le développement de certaines technologies et pratiques qui ne se faisaient pas ailleurs, comme la création de textiles plus résistants.
Ainsi que le développement des systèmes d’irrigation et de maîtrise de l’énergie du vent.
On murmurait aussi que les chercheurs de ce royaume avaient mis au point une nouvelle arme. Mais ce n’était que bavardages sans preuves.
L’Ordre avait toléré le développement de ces nouvelles techniques en estimant que cela pourrait enrichir tous les royaumes. Depuis la guerre, les moines estimaient qu’il pouvait s’avérer dangereux de compter uniquement sur la magie pour les choses du quotidien ainsi que pour assurer la défense de la population. Ils avaient donc donné leur accord pour favoriser les recherches et les différentes expérimentations. Les moines s’étaient même arrangés pour qu’un des leur supervise tout cela. Ils s’étaient assurés que le moine les représentant dans ce pays serait consulté pour toutes les recherches entreprises.
Ils avaient négocié aussi le droit du commerce sur les ressources crées par ses nouvelles technologies. Aucun produit ne pouvait être vendu, s’il n’avait pas reçu l’agrément de L’Ordre.
Grâce à ces nouvelles méthodes, le commerce se développa très rapidement.
Chaque région se spécialisa dans un domaine particulier.
Le pays de l’Est redevint rapidement prospère.
Dans la région du sud-est de cette contrée, ce fut l’irrigation et l’industrie du textile, qui se développèrent, autorisant un essor rapide de la région grâce à la production massive de produits agricoles de première nécessité faisant défaut après la guerre dans la plus grande partie des royaumes.
Il y avait tout particulièrement une ville, quasi détruite par la guerre, qui malgré tout réussi à devenir florissante en si peu de temps.
Cie’Nog, ville située dans le sud est du pays, favorisa en premier lieu la reconstruction et l’irrigation des champs.
Quand les habitants eurent suffisamment pour eux, ils troquèrent avec leurs voisins proches pour acquérir de nouvelles techniques et pouvoir développer les activités de leur cité.
Ce fut ainsi que commença l’industrie textile.
La réputation de leurs tissus connus pour être plus résistants et souples que ceux qui existaient déjà, dépassa bientôt les frontières de l’état.
La cité continua donc de s’enrichir.
Cie’Nog se trouvait à l’orée d’une immense forêt qui s’étendait à perte de vue en direction du Nord.
Elle ne possédait ni rempart ni fortifications contrairement aux cités des royaumes voisins.
Elle se délimitait en quartiers reconnaissables à la couleur des briques des maisons qui les composaient.
Les rues qui partageaient l’agglomération étaient larges et bien entretenues.
Il y avait de nombreux espaces verts qui semblaient tout aussi bien ordonnés que l’espace entre les maisons.
Tout y était droit et rectiligne pour une meilleure occupation de l’espace selon les désirs des dirigeants de la cité et de ses habitants.
Elle se composait de quatre quartiers différents sans tenir compte des espaces cultivés qui s’étendaient à l’extérieur de la ville au sud.
Sur la périphérie de la ville il y avait le quartier résidentiel, reconnaissable par la couleur rouge des maisons qui le composaient et à l’opposé se trouvait le quartier industriel dont les bâtiments étaient deux fois plus grands au minimum et de couleur grise.
En se rapprochant du cœur de la cité on traversait le quartier administratif qui regroupait les institutions comme le conseil de la ville, le tribunal et les écoles. Les établissements avaient tous la même couleur marron foncé.
Enfin le cœur de la cité se composait du quartier commerçant.
Les maisons y étaient plus petites avec des pierres blanches et des colombages de bois foncé. Chaque échoppe avait son enseigne ce qui permettait de repérer plus facilement le magasin que l’on cherchait.
Au centre même de la ville se tenait une fontaine avec une statue de femme regardant le ciel les bras écartés de part et d’autre. A côté d’elle un loup hurlait à la mort.
L’eau jaillissait en petit geyser autours de la statue l’arrosant jusqu’au niveau des genoux.
Il y avait de l’animation sur la place car c’était jour de marché.
Les marchands avaient déjà installé leurs étales et commençaient à haranguer les badauds.
A l’auberge du Héros flamboyant qui se trouvait dans une des rues les plus fréquentées de Cie’Nog, l’ambiance était déjà des plus chaude.
Le vin et la bière coulaient déjà à grand flot.
Cette taverne avait une très bonne réputation dans toute la ville.
Les prix et la nourriture y étaient corrects ainsi que la tenue de la literie.
Elle ne désemplissait que rarement à la grande satisfaction du patron qui était un homme affable et généreux d’après tout ce que l’on pouvait entendre sur lui dans la région.
Grand et bien bâti, cet homme d’une quarantaine d’année aux cheveux blond, faisait la fierté de sa ville pour son dévouement et pour le sacrifice qu’il avait consenti pour le bonheur de la ville tout entière.
Comment ne pas reconnaître le mérite d’un homme qui abritait chez lui un orphelin de la guerre dont personne ne voulait ?!
Un orphelin…
Un loup sans famille…
Un être maudit par le destin dès sa naissance.



A suivre…
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Nahel
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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Ven 4 Mai - 7:28

Chapitre 01


Selon les habitants de Cie’Nog, Rei avait sacrifié sa vie pour élever l’enfant.
Malgré le bruit qui régnait déjà dans son auberge, Rei n’entendait pas de bruit à l’étage.
Il pris une grande canne de bois solide qu’il tenait toujours rangé sous son comptoir.
Il se dirigea vers le fond de la salle commune dans le coin le plus sombre.
Il éleva sa gaffe et frappa au plafond.
Il entendit alors le bruit qu’il espérait : quelqu’un s’était mis à marcher sur le plancher de l’étage supérieur.
Il soupira et retourna à son travail tout en se souvenant des évènements qui l’avait conduit à prendre en charge le garçon.

Le gamin n’avait que quelques heures quand le conseil de la ville avait décidé que le patron de l’auberge en aurait la garde.
Il n’avait émit aucune objection.
Il avait côtoyé les parents du nouveau-né pendant le temps de leur séjour dans son établissement.
Ils s’étaient montrés des clients respectables et raisonnables.
C’était dans son auberge que le petit était né alors que sa mère luttait de toute sa puissance magique pour mettre en place la frontière.
Il avait aidé la femme gardien à le mettre au monde alors que son époux et écuyer luttait pour défendre la ville avec les soldats de l’armée et d’autres gardiens.
Il avait été le premier à tenir l’enfant.
Quand ayant repoussé les orcs jusqu’à leur camp retranché, l’homme était revenu dans leur chambre, la femme était en train de rendre son dernier soupir.
Rei n’avait pas eu besoin d’en avertir l’homme.
L’écuyer le savait.
La jeune femme s’était éteinte dans les bras de son écuyer.
Le tenancier se doutait que l’homme ne pourrait pas survivre à sa compagne.
C’était une croyance qui se colportait dans le peuple vis-à-vis des gardiens et de leur écuyer.
Mais il était aussi de notoriété publique que chez la race magique des loups, les époux ne se survivaient pas longtemps.
Et même en dehors de ça, l’homme était couvert de blessures plus graves les unes que les autres. Il traînait sa jambe gauche laissant une marque sanglante sur le parquet.
Sa figure était complètement tuméfiée. Une plaie béante lui barrait le front au dessus de l’œil droit jusque derrière le haut de l’oreille droite. Il se tenait le bras droit avec le gauche où Rei pouvait voir le restant d’une penne de flèche.
Il n’y avait aucun guérisseur dans les environs.
Il n’avait aucune chance de survivre à toutes ses blessures.
Rei aurait voulu lui venir en aide mais il ne savait comment le soulager.
En apercevant l’enfant l’écuyer loup sourit tristement.
Il s’approcha et regarda l’enfant qui ouvrit les yeux.
Il gardait un souvenir confus de ce qui était arrivé par la suite.
Tout était allé si vite.
En croisant le regard de son fils l’homme avait hurlé.
Rei n’avait jamais entendu un cri aussi déchirant.
Le loup s’était retenu de tomber à terre en s’accrochant au pied du lit.
Il y avait eut un éclair de lumière aveuglante.
Quand Rei avait ouvert les yeux, il ne tenait plus l’enfant.
Celui-ci se trouvait sur le lit où avait été étendue sa mère.
Mais dans la pièce il ne restait aucune trace du couple.
Rien !
Pas la moindre trace.
Juste l’enfant qui pleurait sur le lit.
Le conseil s’était réuni et lui avait confié l’enfant jusqu'à ce qu’un coursier avertisse les membres de sa famille qu’il se trouvait chez eux sain et sauf.
Les membres du conseil espéraient que l’un de ses parents maternels ou paternels viendraient chercher le nouveau né.
En attendant ils le confièrent à Rei.
L’homme blond ne pouvait pas refuser d’accueillir l’enfant chez lui alors que ses parents venaient de sacrifier leur vie pour permettre la survie de la ville.
Et puis le conseil lui avait certifié que ce n’était que pour un temps restreint.
Il avait même affirmé que les familles de leurs sauveurs viendraient réclamer l’enfant.
Dans un premier temps tout se passa bien.
En fait temps que l’enfant fut un bébé incapable de se défendre seul, les gens du village aidèrent Rei à l’élever.
Pendant cinq années, le petit garçon grandit entouré des soins des villageois mais plus le temps passait, plus ils prenaient du recul devant l’enfant qui était si différent.
Aucun membre de sa famille ne s’était manifesté jusqu'à présent et le conseil trouvait que cela commençait à faire long.
Pour Rei, cela devenait pesant car le petit garçon très vif lui posait des questions auxquelles il ne voulait pas répondre, notamment au sujet de ses parents.
La guerre était finie depuis plus de cinq années quand enfin des membres de sa famille demandèrent à le voir.
Devant son comptoir, Rei soupira.
Il se souvenait parfaitement de cette visite des plus officieuses.
Il avait dû laisser l’enfant affronter seul ceux qui étaient venu le chercher.
Cela n’avait pas duré longtemps.
Juste quelques minutes.
Il ne savait pas ce qui avait été dit.
Il ignorait pourquoi l’enfant n’avait pas voulu les suivre.
Tout ce qu’il savait c’était que l’attitude des gens avait alors commencé à changer.
Les autres villageois n’avaient pas accepté que l’enfant refuse de partir.
Rei, lui, s’était sentit soulagé.
Il s’était attaché au gamin et le voir partir ne l’enchantait pas vraiment, mais il voulait agir pour le mieux de l’enfant.
Samuel, c’était le prénom que le tavernier avait choisi pour l’enfant, n’avait pas gardé de souvenirs exacts de ce qui s’était passé ce jour là. Il évitait même d’en parler.
Par la suite Rei ne se souvenait pas avoir vu qui que ce soit se présenter pour l’orphelin.
Il l’avait éduqué du mieux qu’il avait pu.
Les années avaient passé.
Le gamin allait bientôt avoir quinze ans !

En regardant l’adolescent brun descendre de sa chambre en trombe, il eut un petit pincement au cœur.
Il ne s’était pas montré des plus aimables avec l’enfant.
Il l’avait élevé comme il avait put, mais sans la moindre tendresse.
Il devait l’endurcir !
Pour le rendre fort !
La vie ne serait par tendre pour l’adolescent.
Rei estimait avoir fait de son mieux pour le préparer aux épreuves de la vie.
Du coin du bar où il se trouvait, il invectiva le gamin comme chaque jour pour le sermonner et lui ordonner de rentré dès les cours finit.
Rei n’arrêtait pas de se répéter qu’il était trop dur avec le jeune garçon mais que c’était pour son bien.

« Samuel ! Si tu n’es pas là pour le service de 12 heures, tu te passeras de déjeuner !! »

L’adolescent brun ne stoppa même pas sa course dans l’escalier.
Il se contenta d’hurler au-dessus du brouhaha de la salle.

« Je suis déjà en retard !! »

« Comme d’habitude ! » répondit le gérant de la taverne en le regardant franchir la porte.

Le rituel du matin.
A chaque nouvelle journée, il fallait que cette conversation ait lieu.
Il aurait voulu pouvoir exprimer ses véritables sentiments pour l’adolescent mais il ne s’en sentait pas le courage.
Il avait trop peur que le garçon lui en veuille et le repousse.
Ne rien dire lui faisait de la peine mais pas autant que l’idée de se faire rejeter par le môme qu’il avait apprit à aimer.
Rei soupira en retournant à ses activités.

Samuel se rendait en classe.
Comme tous les jours il était en retard
Sur le chemin en quittant le quartier commerçant, il croisait beaucoup de gens partant travailler, ou d’autres enfants se rendant à leur école.
Et comme tous les jours, aussi bien les adultes que les plus jeunes des enfants, ils le regardaient avec le même regard gêné et condescendant.
Personne n’ignorait en ville qui était cet adolescent orphelin de quatorze ans et pourquoi il n’était que toléré ici.
À première vue pourtant le jeune garçon n’avait rien qui le démarquait des autres adolescents de son âge : Brun aux cheveux courts et souples. Il était un peu plus grand et de carrure plus forte que la moyenne mais sans rien d’extraordinaire.
Mais il y avait son regard qui changeait tout…
Samuel avait les yeux vairons : un bleu et un noir !
Ceci ne signifiait rien de bon pour les gens d’ici.
Pour les habitants superstitieux de la région, cette particularité physique était liée à la magie.
Depuis la fin de la guerre les gens de l’Est s’étaient convaincus que la sorcellerie avait été la cause de tout leur malheur.
Ils se méfiaient de tout ce qui avait un rapport avec les pouvoirs magiques.
Les étrangers qui traversaient le pays de l’est savaient qu’il valait mieux se montrer discret sur ce sujet là et éviter de se servir de la magie sous peine de recevoir une lourde amende, voire de se faire emprisonner pour pratiques illégales.
Et il y avait encore autre chose : Samuel n’était pas humain.
Il appartenait à un des peuples magiques qui dans cette région n’étaient qu’admis, car ils servaient l’Ordre.
Malheureusement pour Samuel depuis, dix ans environ, les Meutes loup ne servaient plus l’Ordre et plus précisément la caste des Gardiens des âmes.
Suite à un désaccord entre les Clans et la caste de moines, les Loups avaient cessé tout rapport avec les Humains.
La rumeur publique voulait qu’ils aient trouvé refuge près de la frontière pour empêcher toutes intrusions ennemies. Celles-ci malgré la frontière semblaient se multiplier ces derniers temps.
Certains marchands ambulants racontaient avoir vu des loups dans la contré rattachée au royaume du centre.
Tout le monde ignorait pourquoi les meutes avaient quitté l’Ordre.
Aucune explication n’avait été fournie par les moines qui se contentèrent de laisser les rumeurs se répandrent accusant les loups de comploter avec le Chaos.
Il n’en fallait pas plus aux habitants de Cie’Nog pour voir en Samuel une menace pour leur sécurité.
Parfois le garçon se demandait ce que serait sa vie si les habitants de la ville ne considéraient pas avoir une dette d’honneur envers ses parents, morts pour les protéger.
Plus d’une fois à cause des mauvaises récoltes ou de n’importe quoi en fait, il avait failli servir de bouc émissaire, manquant de peu d’être exécuté.
Mais l’honneur chez les habitants de Cie’Nog était une valeur très forte, ce qui lui avait à chaque fois sauvé la vie.
Samuel avait appris à vivre dans ce contexte de suspicion et de danger permanent. Si les citoyens de la ville ne pouvaient pas le tuer, ils leur étaient possibles de le maltraiter sans qu’il dispose de moyen de défense.
Pas qu’il ne savait pas, Rei lui avait appris de nombreuses choses dont celle-là.
Mais il leur aurait donné une bonne raison pour se débarrasser de lui s’il avait levé la main sur un des habitants de la ville.
Le tavernier le lui avait clairement expliqué et mis en garde à ce sujet. Même si l’adolescent avait du mal a accepté l’autorité des adultes, il respectait Rei qui l’avait élevé. Malgré les airs bourrus de l’homme blond, Samuel savait qu’il lui devait énormément.
Instinctivement, Samuel sentait qu’il était encore trop jeune pour partir de la cité qui lui offrait malgré tout, un abri où dormir et de la nourriture en quantité suffisante.
Sans oublier l’instruction qu’il recevait à l’école obligatoire pour tous les enfants de moins de seize ans.
Le jeune brun apprenait avec voracité tout ce qui lui paraissait utile pour plus tard.
Si les professeurs avaient été impartiaux et justes, ils auraient reconnu l’intelligence et la soif de connaissance du garçon.
Mais là aussi Samuel devait se débrouiller par lui-même cherchant dans les livres de la bibliothèque toutes les informations qui lui seraient peut être utile.
Samuel avait une grande quantité de rêves dont celui de changer le regard que les autres posaient sur lui.
Il attendait le bon moment.
Il avait confiance en son instinct qui l’avait toujours guidé.
Il savait que ce sixième sens l’avertirait quand le moment viendrait.
Il se manifestait à chaque fois de la même manière.
Comme à l’instant précis !
Une sensation de douce chaleur au niveau du ventre.
Soudain il entendit un sifflement et une ombre immense passa au-dessus de lui.
Surpris, il leva les yeux au ciel, mais ne vit rien.
Rien que le ciel bleu et limpide.
En entendant la cloche sonner au loin, il reprit sa route sans plus se préoccuper de ce qu’il avait cru voir.
La sensation agréable au creux de son estomac avait disparue en même temps que l’ombre qui l’avait survolé.

Une fois dans sa classe, il oublia tout à fait l’incident se concentrant sur ce que leur professeur disait. Il fut surpris quand le directeur entra, accompagné d’un inconnu.
Il y eut du chahut provoqué par le fait que le jeune homme portait l’insigne des Gardiens.
C’était le rêve de tous les garçons de la ville que d’être recruté pour servir dans l’Ordre, le plus noble des cinq royaumes.
Le jeune homme d’environ 16ans, n’était encore qu’un apprenti, mais il dégageait tant de prestance et d’assurance que les gamins ne pouvaient s’empêcher de l’envier.
Il les fixa un à un, cherchant quelque chose qu’il devait être le seul à pouvoir voir.
Son regard croisa celui de Samuel.
Celui-ci senti la chaleur au creux de son ventre réagir à ce regard.
L’adolescent qui venait d’entrer, eut une moue de dédain qui blessa le brun.
Il le montra du doigt, annonçant aux adultes que le « petit » partait avec lui dès maintenant.

« Lui…Il s’agit de ce garçon. Il vient avec moi… »

***************
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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Lun 7 Mai - 9:28

Chapitre 02 partie A


Le directeur avait interrompu la classe en entrant accompagné d’un adolescent étranger.
L’inconnu portait la tenue de cuir des apprentis Gardiens.
Il avait fixé un à un les garçons de la classe de Samuel.
Apparemment il cherchait quelque chose qu’il devait être le seul à pouvoir voir.
Son regard croisa celui de Samuel et il eut une moue de dédain qui blessa le garçon.
Mais il n’apprécia pas plus que l’autre adolescent le montre du doigt, annonçant aux adultes que le « petit » partait avec lui dès maintenant.

« Lui… Il s’agit de ce garçon. Il vient avec moi… »

« Samuel… Viens par ici » Dit le directeur avec empressement « Ce Seigneur t’a choisi comme écuyer. Il est de ton devoir de le suivre… »

« Pardon ?! » Répondit l’adolescent en se levant de sa chaise, « Mais en quoi suis-je obligé de l’accompagner ?? Je suis du peuple libre… Même si je n’ai ni famille ni biens, je ne suis pas de ceux dont on dispose comme d’un paquet !! »

Samuel fit pourtant quelques pas en direction de l’apprenti.
Son instinct le poussait malgré lui vers l’individu qui ne cessait de l’examiner.
Plus il se rapprochait de l’étranger plus la chaleur irradiait dans son corps.
Jamais auparavant il n’avait ressenti une telle sensation de bien être.

« Samuel tu ne comprends pas ! C’est un honneur que te font les dieux en t’offrant cette opportunité ! » Continua le Directeur en insistant bien sur les mots « honneur » et « opportunité ».

Il marqua un temps de silence, attendant que l’adolescent brun déchiffre les sous-entendus de son propos. Puis il reprit la parole d’un ton ferme et intransigeant.

« En aucun cas tu ne peux refuser, personne ici ne comprendrais si tu maintenais ton refus…Notre largesse envers toi s’en trouverait compromise alors que si tu le suis, tu rendras grâce et gloire à ceux qui t’ont accueilli… »

Samuel soupira.
Il savait que sa situation était précaire et difficile mais il n’imaginait pas qu’en tant qu’homme libre on le laisserait si peu autonome dans ses choix !
Les habitants ne le supportaient déjà que trop mal alors s’il refusait, sa vie risquerait de devenir un enfer.
Peut-être estimeraient-ils qu’ils n’avaient plus de dettes à son égard ?
Sa vie ne tiendrait alors plus qu’a un fil.
Il finit par se résigner, acceptant ainsi de suivre le Seigneur.

Sans plus de cérémonie ni de préparation, le grand adolescent lui fit comprendre qu’ils partaient dès maintenant pour un long voyage. A l’extérieur de l’école, il y avait un tas de trois sacs assez lourds où devaient se trouver le nécessaire pour le voyage de l’apprenti.
Celui-ci lui fit comprendre que c’était à lui de porter les sacs pour leur approvisionnement et leur campement.
Samuel en aurait hurlé de rage.
Il avait apprit à vivre avec le comportement hautain des habitants de Cie’Nog à son égard mais il ne s’attendait pas à ce qu’un étranger le traite avec autant de hauteur.
L’apprenti semblait le considérer avec un dédain qui le mettait dans une colère noire.
Il avait tant espéré que les gens de l’extérieur ne le considèrent pas de cette façon si désobligeante.
Bien qu’il n’ait rien de valeur dans sa chambre à l’auberge qu’il souhaita récupérer, il aurait voulu au moins dire au revoir à Rei.
Juste pour qu’il ne s’inquiète pas.
Samuel savait que l’homme avait supporté sa présence par pure contrainte au début et qu’au fil du temps une relation de confiance s’était instauré entre eux.
L’aubergiste aurait pu lui dire sa fierté à le voir être choisi pour servir l’Ordre.
Pour la première fois, Rei n’aurait pas eut à avoir honte de s’occuper de lui.
Samuel aurait voulu lire la satisfaction sur le visage du tavernier.
Ce départ hâtif lui donnait l’impression de s’enfuir, ce qu’il n’appréciait pas !
Mais malgré ses protestations, l’autre adolescent s’éloignait déjà dans la direction opposée.
Ne laissant d’autre choix à Samuel que de se charger des sacs et de le suivre.

Ils quittèrent la ville sans que l’apprenti ne lui adresse la parole, ni ne réponde à ses invectives.
Samuel ne cessait de ruminer ses idées noires tout au long du chemin.
Il aurait pu essayer de s’échapper, mais pour aller ou ?
En ville, il aurait été plus que mal accueilli…
Atteindre une autre cité, sans aucun papier pour prouver qu’il appartenait du peuple libre, il n’aurait pas fait long feu….
Quant à l’idée de se perdre dans la forêt, il évitait d’y songer…
Il y avait trop de danger : errer au milieu des bois, la nuit équivalait à signer son arrêt de mort.
N’ayant pas trouvé d’autre solution, il se mit à examiner d’un peu plus prêt le Seigneur qui l’accompagnait.
L’apprenti Gardien ne devait pas être beaucoup plus vieux que lui, à vue de nez un à deux ans.
Par contre il était plus grand de 10 centimètres, plus fin, sans pourtant être fragile.
Il devait appartenir à une noble race, vu la condescendance et l’entrain du directeur à lui obéir malgré son statut d’apprenti. Brun, avec une mèche blanche sur la tempe droite, des yeux verts clairs, habillé de l’armure de cuir des étudiants de l’Ordre, avec à la ceinture l’emplacement vide, pour l’instant, pour sa futur lame-fouet. Il n’était armé que d’un poignard aux armoiries de sa famille.

Pas étonnant qu’à ses côtés, Samuel se sente comme un lié : habillé avec un vieux jeans rapiécé, seul luxe que se permettait Rei en faveur de l’enfant car ce tissu issu des fabriques de la ville était des plus résistant. Rei faisait cadeau d’un pantalon neuf au début de chaque hiver à l’enfant qui devait le faire tenir jusqu'à l’hiver suivant. Il portait un pull tout aussi rapiécé que le pantalon.
Il croulait sous la charge qu’il avait à porter, même s’il avait une bonne carrure et une endurance à toute épreuve par rapport à celle des gamins de sa ville.
Tout de même il n’était pas une bête ni un esclave qui ne pouvait pas faire part de sa façon de penser à ce jeune homme qui le prenait de bien trop haut à son avis.
Alors après deux bonnes heures de marche, il s’arrêta tout bonnement et simplement.
Posant les sacs, il s’installa confortablement et attendit que l’autre remarque son absence, ce qui arriva après un temps assez long à l’avis de Samuel.
L’apprenti revint vers lui et le fixa étrangement ne semblant pas comprendre son attitude, déstabilisé par le comportement du garçon.

Samuel en riait intérieurement, si le type s’étonnait pour si peu il allait en avoir pour son argent ! Car il y avait une raison précise aussi à l’entrain du Directeur à son départ à lui.
En ville personne ne le regardait comme un humain …
Les personnes comme lui étaient considérées comme maudites.
Il ignorait pourquoi l’autre l’avait choisit, mais il voulait que les choses soient claires pour ne pas se retrouver abandonné au beau milieu de nulle part avec une chance de survie tenant du miracle. Alors ce « Seigneur » allait devoir s’expliquer sur son choix et ses motivations.

« Je peux savoir pourquoi vous vous êtes arrêté ? » Demanda l’apprenti sur un ton poli qui déstabilisa Samuel.





***********************
A suivre…



[b]
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Nahel
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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Lun 7 Mai - 9:33

Chapitre 02 partie B


« Je peux savoir pourquoi vous vous êtes arrêté ? » Demanda l’apprenti sur un ton poli qui déstabilisa Samuel.

"C’est lourd ! Je suis fatigué ! Et je voudrais comprendre pourquoi on en est là ?...Enfin quoi, je ne suis pas une bête ou un esclave… Où on va et pourquoi ? Tout, en fait, je veux tout savoir… Si tu me dis tout…Je te dirais aussi quelque chose sur moi que tu dois savoir. Tu vois, nous allons passer un accord d’entente mutuelle… »

« Un quoi, s’il vous plaît ? »

« Un accord d’entente….Je n’ai pas vraiment eu le choix pour te suivre, mais j’ai mon mot à dire ! Ce n’est pas que cela me dérange de partir, mais j’aurais aimé ne pas le faire comme un animal en cavale !!! Pourquoi es-tu si pressé ? » Expliqua Samuel assis sur les sacs et fixant à son tour l’apprenti droit dans les yeux.

« Je ne crois pas que cet endroit soit le plus sûr pour débattre de cette affaire. Je comptais vous expliquer mes objectifs une fois atteint le fort d’Eldridge » Tenta de dire Le seigneur d’une voix moins assurée.

« QUOI ??? Mais ce fort est à deux jours de marche de la ville ! Tu comptais ne pas me parler en deux jours ?!! T’as un de ses culots !!! » L’interrompit Samuel en se levant d’un bond furieux.

« Je suis pressé. Il me faut l’atteindre rapidement afin d’y retrouver mon enseignant. Il m’attend là-bas pour me conduire à Bajang…. »

« Minute papillon, tu comptes me conduire moi… Moi, Samuel à Bajang ? Faut vraiment que je te parle là…. »

« C’est là que je recevrais l’enseignement pour devenir Gardien, et sur la route je dois me trouver un écuyer… C’est vous ! »

« Temps mort, comment tu sais ça toi ? »Dit Samuel en écarquillant les yeux.

« Vous le savez… Vous m’avez senti arriver en ville ce matin. Je vous ai suivi jusqu’à l’école. Et comme les gens dans cette région n’aiment pas ce qui est différent, je me suis présenté sous mon apparence humaine »Dévoila l’apprenti baissant les yeux gêné par la tournure de la conversation

« Heu… Je n’ai pas pigé moi là… ? Tu veux parler de l’ombre que j’ai cru voir ? »

« Oui…Je suis un dragon » Avouât-il à Samuel non sans une certaine fierté.

« Un dragon, en plus… Il ne manquait plus que ça ! Si tu étais un dragon, tu devrais avoir des ailes même sous forme humaine, non ? » demanda Samuel au bord de l’exaspération

« Le directeur m’a demandé de les ranger pour ne pas impressionner les enfants plus que nécessaire… J’ai accepté ne voulant pas créer d’incidents qui auraient pu porter préjudice à ma famille. »

Samuel soupira.
Il savait que les gens de Cie’Nog n’appréciait pas les races magiques.
Mais les dragons avaient plutôt une bonne réputation, surtout s’ils portaient les couleurs de L’Ordre.
Le brun ignorait pourquoi l’apprenti avait accepté de se plier aux exigences racistes du directeur de l’école.

« T’es trop gentil toi, j’ai l’impression. Sors-les, que je vois ce que cela donne… Quoi ? T’as un problème ? »

L’apprenti le fixait avec des yeux remplis d’étonnement et aussi une impression étrange de soulagement.
Il sourit et s’approcha de Samuel lui demandant de l’aider à enlever sa chemise.

« Ok » fit celui-ci se demandant où cela allait les mener.

Il fut sidéré en voyant les deux balafres qui lézardaient dans le dos de l’adolescent, et par les grimaces de douleurs qu’il fit pour retirer sa chemise. Tout cela conforta Samuel sur l’idée qu’il se faisait du Dragon : il le trouvait complètement fêlé !

« Je comprends mieux pourquoi c’est moi qui porte les sacs. » dit-il. « Mais pourquoi accepter toutes ces souffrances. Tu aurais pu juste… »

« Je ne voulais pas risquer de compliquer ma situation plus que nécessaire… J’ai été choisi par ma famille pour être Gardien car de tous mes frères et sœurs, je suis le seul… Le seul sans feu, ce qui est assez honteux à mon âge… Les miens espèrent que devenir gardien me permettra de gagner mon feu…»

« Ok. Je suis parti en voyage sans retour avec un suicidaire ! Pauvre de moi ! » Soupira théâtralement Samuel

« Je ne vous comprends pas…. »

Il venait de déployer deux ailes de plumes blanches magnifiques dans un dernier cri de douleur contenu. Il s’écroula à quatre pattes sur le sol en sueur.
Samuel l’aida à trouver une position plus confortable tout en maugréant.
Il tentât d’expliquer à l’autre ce qu’il pensait.

« Avoue quand même que pour s’infliger de telles souffrances, il faut être maboule, non ? Moi, si j’avais autant d’inconvénients avec ma véritable apparence, je ne me laisserais pas manipuler par les autres… Si quelque chose les gênes, ben ils n’ont qu’à aller voir ailleurs ! Ecoute, cela m’étonnerais que tes ailes soit faites pour être repliées, ne ? En plus tu as un statut particulier qui te donne un ascendant sur les autres : Tu es apprenti Gardien, donc libre de te rendre partout et avec une certaine autorité… Alors sert-en bon sang ! »

« Mais ce serait profiter de ma position, c’est mal ! » Rétorqua l’apprenti s’écartant de Samuel pour retrouver son équilibre.

« Non, c’est un juste retour des choses, pour service rendu…. »

« Mais dans votre ville, je n’ai rendu aucun service … » S’étonna le Dragon

« En fait si…Tu leur as retiré une sacrée épine du pied et je me demande comment tu vas faire pour te débrouiller avec cette épine… Sans vouloir me faire de fleurs, je crois que tu vas vraiment avoir besoin de mon aide pour gagner le fort en un seul morceau. » Expliqua Samuel en lui tendant sa chemise.

L’adolescent le remercia d’un hochement de tête, mais ne l’enfila pas.
Il se mit à fouiller dans un des sacs, tout en demandant de quoi voulait lui parler Samuel.

« Quelle épine ? »

« Moi…..Autant te prévenir tout de suite, à Bajang, les prêtres ne vont pas apprécier mon entrée…Cela m’étonnerais que tu réalises ce que je suis… Un œil noir… Un maudit… Et un Loup. » Dit Samuel attendant la réaction du Dragon

« Je ne connais pas… » Avoua celui-ci penaud en relevant sa tête du sac avec une tunique de cuir à la main.

Jamais Samuel n’avait vu un vêtement taillé de cette manière. Quand le dragon commença à l’enfiler, le loup ne put retenir un rictus moqueur s’imaginant que le jeune homme se trompait de sens pour mettre l’habit.
Il avait recouvert son torse avec le tissu et passé son cou dans le col que formait le haut du vêtement. Puis il avait saisit les deux pans de tissus pour les croiser dans son dos au niveau de sa taille. Il avait ramené devant lui les deux morceaux moins larges qui finissait chaque partie latérale du vêtement pour les attacher sur le devant.
Samuel en voyant le résultat comprit que l’habit permettait d’avoir le dos nu et permettait aux ailes du Dragon d’être libres.

« J’avais cru remarquer ! Je ne suis pas vraiment éveillé, en tant qu’œil noir… Comme toi, je change d’apparence, mais on ne me considère pas comme une bénédiction… Alors crois-en mon expérience, les autres te font assez souvent souffrir pour éviter de le faire soi-même, ne ? » Expliqua le loup en observant son compagnon s’habiller.

« C’est une des raisons pour lesquelles le Directeur vous a encouragé à me suivre ? »

« Oui, il sait sûrement que Bajang ne nous apprécie pas mais comme ça il se débarrasse de moi… Les œils noirs ne sont pas vraiment une race… Plutôt des gens qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment… Marqués par le destin et la magie. »

« La magie ? »

« Ma mère et mon père appartenaient à l’Ordre…L’un étant sûrement l’écuyer de l’autre mais les gens en ville n’ont jamais su me dire qui…Juste avant ma naissance, à la fin de la guerre, ils sont venus ici pour régler un problème avec des incursions de créatures du Chaos… Pour sauver cette ville de trouillards ils ont utilisé toutes leurs ressources… Ma mère m’a mis au monde puis elle est morte. Tout comme mon père quelques heure après. Mais les légions ennemies étaient renvoyées d’où elles venaient… Pour les remercier on leur à construit un mausolée, tu as peut être vu la fontaine au centre ville ? » Développa Samuel alors que l’apprenti haussait les épaules n’ayant pas remarqué la fontaine lors de son passage éclair au-dessus de la cité.

Samuel soupira puis il reprit son récit.

« Quand ils ont comprit que j’étais maudit, ils ont prévenu les membres de ma « famille », qui n’ont pas daigné se déplacer ! Ils ne m’ont reconnu des leurs alors j’ai grandit dans la charité et la pitié des autres mais… Mais ils ne pouvaient faire de moi un esclave… Alors ils m’ont laissé vivre comme je voulais, tout en me surveillant et en veillant à ce que je ne me fasse ni trop remarquer ni ne fasse trop de bêtises….Ma liberté, c’est le seul héritage que m’ont laissés mes parents et je compte bien la garder… Alors t’as intérêt à revoir ton attitude avec moi… Si tu veux vraiment que je t’accompagne quelque part, tu ne dois rien me cacher, ok ? » Demanda Samuel tout en se rasseyant sur les sacs marquant ainsi sa détermination à ne pas bouger tant que le Dragon ne lui aurait pas expliqué tout ce qu’il voulait savoir.

« Je suis désolé que vous ayez interprété mon comportement de façon aussi grossière. Je n’ai jamais eu l’intention de vous rabaisser ou de vous priver de vos droits… Il me semblait acquis pour nous deux que le mieux pour nous était de partir ensemble… .Sincèrement… »

« Sincèrement ? T’es plus atteint que je ne le croyais ! D’abord c’est quoi un écuyer exactement ? Personne ne m’a jamais expliqué.» Questionna Samuel

« Quelqu’un avec qui l’apprenti à un lien et qui fait ce que le Gardien ne peut pas faire… C’est ce lien qui vous a fait remarquer ma présence en ville…Un lien qui ne s’éteindra qu’à notre mort. »

« Oups ! Ben, cela risque d’être court comme vie si tu as un comportement aussi naïf…
Je ne crois pas être celui qu’il te faut… Tu as dû sentir la magie qui émane de…. »


Dernière édition par le Lun 7 Mai - 9:35, édité 1 fois
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Nahel
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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Lun 7 Mai - 9:34

Chapitre 02 partie c



« Non, je n’ai aucun doute ! »Assura l’apprenti Gardien.

« Têtu, en plus de ça ! Ecoute tête de lard, les gens comme moi ne sont pas acceptés par les prêtres de l’Ordre… Jamais ils ne laisseront un apprenti prendre un Loup œil noir pour écuyer, … Et encore moins un Dragon ! »

« Pourquoi ? Moi, je suis sûr de ce que j’ai ressentis… Il y a quelque chose… » Insista L’apprenti en déployant ses ailes pour les dégourdir.

« Je vais te montrer ce que tu as ressenti… Même si cela va contre mon principe de base…. »

« Evitez de vous faire du mal ! »

« Je vois que t’as bien suivi la conversation. »

« Mais vous avez dit que votre changement d’apparence ne vous faisait pas souffrir, non ? » S’étonna le Dragon.

« Le premier oui ! C’est ensuite que cela se corse……Allez ouvre grand tes yeux, tu ne reverras pas ça de si tôt ! » Dit-il en se levant.

Samuel se concentra fermant les yeux puis il n’ouvrit que celui de couleur noire qui libéra une lumière aveuglante. Le Dragon recula d’un pas.
Il savait à quoi correspondait cette lumière.
Il possédait la même capacité.
En fait toutes les races changeant de forme possédait ce sortilège qui faisait disparaître les vêtements et les faisait réapparaître quand la transformation s’inversait.
Il était ancré au plus profond des êtres magiques.
Par le passé avant que l’homme ne soit apparu sur la terre les légendes certifiaient qu’aucune race ne disposait de ce sort. Mais dès lors que les êtres humains avaient évolué, ils avaient passé un accord avec les ancêtres pour que personne ne soit choqué par leur nudité.
Les ans passants, les races magiques avaient toutes intégrées ce sort. Seuls quelques fanatiques prônaient le retour aux origines.
Une fois que l’éclair aveuglant se fut dissipé, il vit la silhouette du garçon se tordre comme si les os de son squelette se liquéfiaient. Certains donnaient l’impression de s’allonger alors que d’autres se courbaient pour former le squelette d’un canidé.
Puis ce fut au tour des muscles de se déformer pour s’adapter à la nouvelle forme de l’ossature du garçon.
La transformation avait commencé par la colonne vertébrale avant de gagner les membres de l’adolescent. En dernier le visage s’allongea et son front s’aplati alors que des poils commençait à apparaître sur tout le corps de Samuel. Ses oreilles s’allongèrent ainsi que ses crocs.
Pour fini la queue touffue jaillit alors que le loup s’ébrouait comme pour finir de s’installer dans sa nouvelle apparence.
L’apprenti n’avait plus un garçon devant lui mais un immense Loup à la fourrure plus sombre que la nuit, au regard vairon, tout comme Samuel.
Il perçut un grognement quand l’animal bondit en l’air, faisant un saut sur lui-même libérant une lame fouet.
Il tenait dans sa gueule l’arme qui scintillait, et qui dégageait une puissance phénoménale.
Le Dragon comprit d’après ce qu’avait raconté Samuel qu’il avait devant lui la lame de Gardien d’un des parents du gamin.
Le loup déposa l’épée, devant lui et reprit peu à peu forme humaine, au prix d’une grande souffrance et d’épuisement pour le garçon.

« Voilà ce que tu as senti, la lame fouet »Souffla péniblement Samuel assis par terre.

« Vous avez l’air mal en point. »

« Si tu la veux vraiment elle est à toi… Mais tu dois te dépêcher… Je ne pourrais pas rester humain très longtemps sans elle… Et je sais que je ne maîtriserais pas l’instinct du Loup, tu dois…»

« Ce n’est pas l’épée que je souhaite ! Je ne nie pas qu’un jour, elle viendra sûrement à ma ceinture, mais pour le moment, j’ai besoin d’un écuyer… Et il se trouve que c’est toi… Alors remets la à sa place ! »

« T’es vraiment idiot… Plus d’un apprenti, j’en suis sûr ne cracherait pas sur une telle lame….Pour dire toute la vérité » Dit Samuel un peu en colère de l’entêtement du garçon.

Il toussa ne pouvant continuer à parler. Du sang s’écoula de sa bouche et il se mit à genoux se crispant sous la douleur. Le Dragon voulut faire un pas vers lui mais il l’arrêta d’un geste.

« En vérité, j’ai menti quand j’ai dit que personne de ma famille n’était venu…Personne ne savait ce que mon père avait fait de la lame fouet. Ils sont venus nombreux pour la retrouver. Ils ont tous fait choux blancs… Même les membres de l’Ordre… Aucun d’entre eux n’aurait imaginé que mon père m’aurait maudit de lui-même pour sceller la lame. » Raconta le jeune garçon en serrant les poings de rage.

Le dragon allait faire un pas vers lui pour l’aider quand Samuel détourna la tête et reprit la parole.

« De plus comme j’étais un Loup et que cela commençait à aller de travers entre les Meutes et l’Ordre, aucun membre de ma famille n’a voulu se charger de moi, à ce que m’ont raconté les responsables de la ville. Les loups me disant humain et les humains m’estimant loup…Quel héritage, n’est ce pas ?... Si, je te donne l’épée, je suis condamné à errer comme un démon Loup sur cette terre. Mais peut-être que c’est mon destin ou mon seul choix pour être libre vraiment » Dit Samuel exténué par cette longue tirade mais soulagé d’avoir dit une partie de ce qui le rongeait depuis tant d’années.

« Vous dites que je suis idiot, mais vous ne valez pas mieux ! Votre philosophie de la vie ne tient pas la route. Personne ne peut vivre seul et se dire libre. Je crois que vous préférez fuir ! »

« Pardon ?! » Samuel releva la tête, surprit par la réaction du Dragon.

« Oui, fuir devant une vie qui vous oblige à agir et non à vous laisser porter par les évènements comme vous avez fait pour le moment… Franchement, qu’avez-vous fait pour améliorer votre quotidien ? Qu’avez-vous fait pour dire à cette famille que vous existiez ?...Qu’avez-vous fait pour… »

« Holà ! Ça suffit ! On dirait un discourt de vieux !...Un sermon sur la conduite à tenir pour réussir sa vie. »L’arrêta Samuel avec un demi-sourire

« Non, sur comment vivre la tête haute sans honte ni regret. Je ne la prendrais pas, pas maintenant en tout cas… Je sais que je ne suis pas prêt… Alors reprenez-la et gardez-la encore pour moi, voulez-vous ? »

Samuel sourit. Son corps brilla fortement obligeant le Dragon à fermer les yeux.
Quand il les rouvrit tout était redevenu normal, mais Samuel paraissait très fatigué.
Il se laissa tomber sur les sacs en riant.

« Ok, voyons comment tu te débrouilles avant de te confier la lame la plus puissante du monde... »

« Vous n’exagérez pas un peu là ? » demanda l’apprenti avec un sourire lui aussi.

« Non… On repart ? »

« Je ne crois pas que cela soit raisonnable…Vous êtes épuisé et moi je ne vaux guère mieux. Nous avons ceci en commun : Nos transformations nous fatiguent plus que nous ne le laissons voir » Fit le Dragon en s’asseyant près de Samuel.

« Je te croyais pressé ? »

« Plus autant maintenant et grâce à vous… Comme j’ai sorti mes ailes, demain je pourrais me changer en Dragon forme animale, ce qui nous facilitera le travail… Heu à ce propos, il y a une toute petite chose que j’ai omis de préciser. »

Il baissa la tête rougissant légèrement. Samuel le regarda étonné, puis il sourit amusé.
Il avait une petite idée sur ce que voulait lui avoué l’apprenti.

« Je m’en doutais un peu… Et je peux savoir quoi ? »

« C’est assez difficile à dire… A avouer à un inconnu, même si nous sommes censés avoir un lien… Surtout après ce que vous avez dit de si sérieux… Je crains de me ridiculiser » Balbutia le Seigneur dont la gêne ne cessait d’augmenter sans s’apercevoir de l’amusement de son écuyer.

« Arrête de tourner autour du pot et dit ce que tu as à dire… Je ne vais pas te manger » L’encouragea Samuel.

« Vous avez raison… En plus de n’avoir pas de feu, j’ai une autre spécificité qui fait de moi un Dragon… Hum… Anormal ou bizarre … »

« Et c’est….. »

« Ben heu… je suis… » Hésita l’apprenti.

« Allez crache le… Tu es… Tu es une fille ! »Finit par dire Samuel à la place de l’apprenti, lassé de ses hésitations.

« Hey ! Une future mère, c’est comme cela qu’on nomme les jeunes filles chez nous… Mais comment tu sais ça ?! » Rectifia le Dragon

« Mon œil… Mon œil noir, il me permet de lire l’énergie magique… De pister les gens selon leur rayonnement… A l’école, j’ai beaucoup lu et sur de nombreux domaines différents… Dont les dragons et leur rayonnement si particulier qui est le vrai fondement de la société des Dragons… A moins que je me trompe, ne ? »

« Non, t’as mis dans le mille…. Je suis né avec cette particularité rare qui me fait changer de sexe sous ma forme animale. D’après les anciens du clan, ce serait dû à la magie que je maîtrise… Cela ne t’ennuies pas ? » Demanda Le Dragon en baissant les yeux, gêné.

« Non…Vraiment pour moi, c’est toi qui devrais être le ou la plus ennuyé de nous deux… Enfin c’est mon avis personnel… Si tu veux que je te suive, je le ferais… Une question la dernière. »

« Oui ? » Dit L’apprenti inquiet.

« Comment tu t’appelles et heu… Je dois dire il ou elle ? »

L’apprenti leva le poing frappant légèrement Samuel sur le haut du crâne.

« Joue pas au plus fin avec moi… Mon nom est Leriel… Quant au reste fait comme tu le sens, pour moi cela n’a aucune importance… J’ai l’habitude. »

« Ok… Va pour il sous cette forme et le reste on verra plus tard… Moi je mangerais bien ! »

« Moi aussi… J’ai normalement prévu assez de provisions ainsi que de quoi dormir confortablement pour vous. »Disait Leriel avant que le loup ne l’interrompe.

« Dis, cela m’allait bien quand tu m’as tutoyé tout à l’heure… Tu ne pourrais pas continuer, ne ?
Et puis pour le confort du camp, moi j’ai pas besoin de grand-chose : une couverture et une bâche pour se protéger des intempéries. Mais il est vrai que pour la bouffe là ; il en faut pas mal surtout après une transformation… Mais toi aussi, n’est ce pas ? »

« Tout à fait ! Il est vrai que faire ressortir les ailes m’affame mais pas de trop »Acquiesça le Dragon.

« Ben, moi je crève la dalle… Alors je vais faire la cuisine, car je ne suis pas sûr que la tienne soit mangeable vu comme t’es maigre… »

« Tu fais bien car la cuisine n’est pas mon fort ! Je ne vois aucun inconvénient à te laisser faire. Moi je vais récupérer du bois et préparer le feu… »

Ils se séparèrent remplissant chacun leur taches. Puis ils s’installèrent pour la nuit qui fut calme et reposante pour les deux jeunes gens.

A suivre[/center][center]
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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Ven 18 Mai - 4:12

Chapitre 03 partie A


Le lendemain une délicieuse odeur réveilla Leriel.
Samuel déjà réveillé avait préparé le repas du matin et avait rangé les affaires.
En voyant que le Dragon ouvrait un œil, il le salua d’un sourire et lui tenditune assiette pleine.

« Tiens, pour finir de te réveiller, cela va te faire du bien…Je me suis permis de faire le trie dans les affaires que tu avais prévu pour moi, pour n’avoir que le principal »Dit Samuel.

« Merci. Je croyais n’avoir pris que des choses utiles ? »

« Peut-être mais vu que c’est moi qui porte, j’ai allégé ! »

« Mais, je ….En dragon je peux nous transporter » Balbutia Leriel étonné

« Ah, oui ? Mais tu comptes te changer ici ? Où quand on sera sortit de cette forêt? »

« Heu quand on sera sorti….Ma transformation en dragon animal demande beaucoup de place » Dit Leriel en mangeant ce que Samuel avait préparé et qui s’avérait très bon.

« Alors en attendant, c’est moi qui nous transporte et je préfère alléger la charge….Je n’ai pas l’habitude des passagers, tu excuseras le côté rustique du moyen de transport ? » Expliqua Samuel tout en continuant de s'affairer dans les sacs

« Tu comptes me prendre sur ton dos ?...Sous ta forme de Loup ? » demanda le Dragon laissant retomber sa cueillere de surprise.

« Ben, oui…Pas en humain, idiot. Tu ne comptais pas me prendre sur ton dos toi ? »

« Bien entendu…. Mais tu crois que je ne te gênerais pas ? Et si tu n’as jamais pris de passager » Reprit Le dragon de plus en plus surpris

« En ville, ils appréciaient pas trop ma forme de loup, alors j’ai pas eu grand monde pour faire un tour sur mon dos….Mais bon, il faut bien rattraper notre retard, ce qui est possible si je cours et si tu nous prends sous ton aile après…Ok ? »

« Parce qu’en plus tu connais le chemin et je suis tombé sur une perle ma parole !!! » Fit Leriel sidéré

« T’emballe pas ! J’ai juste pris certaine précaution au cas où ils me mettraient à la porte de la ville…Je me suis dit qu’il serait préférable d’avoir un maximum de connaissances dans des domaines variés et utiles pour gagner ma vie. »

« Quels genres de disciplines ? » Interrogea l’apprenti se demandant si le jeune homme n’avait pas une haute opinion de sa personne.

« La chasse, la traque, la météo, les principales cartes du coin, les plantes, les animaux, les différentes races des 5 régions et leurs ennemis, la magie ; enfin les rudiments que l’ont décrit dans les manuels de base qu’on trouve dans les bibliothèques ; les premiers soins, la cuisine la couture, des techniques de combats et la plus importante : la technique DTDTLS ou en clair : Démerde-toi Dans Toutes Les Situations ! » Enuméra celui-ci tout en finissant de ranger leur campement sans prêter attention à l’étonnement grandissant de son compagnon

« Combats ? »

« Heu, là j’ai un peu de pratique. A l’auberge, Rei m’utilisait comme videur certains soirs quand l’employé ne suffisait pas ou était trop saoul….Je sais me défendre »Expliqua Samuel penaud

« Je me suis trompé hier…Tu ne faisais pas qu’attendre en te laissant porter par la vie : tu te préparais pour le moment où tu devras partir » Murmura Leriel prenant conscience qu’il avait peut être jugé son écuyer un peu vite.

« Tu n’avais pas complètement tord non plus » Répondit le Loup en lui tournant le dos, les épaules basses, honteux de n’avoir pas pris plus de risques pour se faire reconnaître des siens.

« J’ai vraiment de la chance. »

« Oui, je sais…Contrairement à moi » L’interrompit Samuel son moment de tristesse semblant déjà loin.

« Sale môme ! Personne ne t’a jamais appris la politesse ou le respect ? Je vais me charger de te civiliser » Lança le dragon « Et je vais en avoir le temps vu tout ce que j’ai à apprendre avant d’être gardien. Il faut d’abord que je trouve mon feu et puis …. »

« A tourner cent fois ma langue dans ma bouche avant de parler. A ne pas me laisser guider par n’importe quelle impression qui me conduit dans la mer » Fit Samuel avec un sourire taquin qui échappa au Dragon

« Samuel ! Tu doutes encore ?! Je t’ai choisi…. »

« Non, t’inquiètes…. Maintenant je n’ai aucun doute sur ce que je vais faire de ma vie. Reste à savoir si les autres te laisseront aller au bout de ton idée. Je te promet que l’épée sera à toi quand tu la demanderas, rien qu’à toi…. »

Leriel se senti gêné par le ton soudain grave de Samuel, il allait répondre quand le garçon reprit.

« Enfin si tu parviens à tes fins et à survivre déjà jusqu’au fort…. »

Samuel éclata de rire échappant de justesse au jet de l’assiette que Leriel lui avait envoyé.
Le Dragon se leva, puis plia sa couverture.

« Tu ne va pas bouder pour si peu, ne ? » Demanda le loup voyant que Leriel ne lui répondait pas.

« Non » fit Leriel « Mais je crois qu’il est grand temps de partir ou tu vas encore me raconter des âneries…. »

Il rangea la couverture dans le sac qu’avait préparé Samuel et ne remarqua pas que le garçon était déjà en train de changer.
Il se retourna et sursauta en voyant la silhouette du loup apparaître dans le halo de la transformation. Il avait oublié combien la taille du loup sombre était imposante.
Il n’entendit pas la voix de Samuel, mais il perçu une émotion interrogative traduisible comme : Peur ?

Il sourit, s’approcha du loup et le rassura en posant doucement une main sur son museau. Puis il lui accrocha le sac autour du cou comme il avait l’air d’attendre.

« Non, surpris » Dit-il « Prêt ?...Le sac, ça va ?...je peux monter ? »

Il n’y eut pas de réponse nette. Mais comme auparavant une émotion qui lui indiqua que tout était pour le mieux et que oui, il pouvait monter.
Un truc du genre : « Ok, je vais bien. »

Le loup se coucha un peu pour lui permettre de monter sur son dos. Leriel essaya de se faire le plus petit possible pour ne pas gêner le garçon, qui s’élança d’abord doucement, testant le poids qu’il portait et la façon dont il se répartissait sur son dos.

Quand il se fut assuré qu’il ne ressentait aucune gêne, Samuel accéléra.
La présence de Leriel sur son dos ne le dérangeait pas. Le Dragon avait apparemment trouvé une position confortable qui leur convenait.
Leriel ne s’imaginait pas que le loup pourrait filer à si vive allure.
Il fermait les yeux pour ne pas avoir la nausée tant le paysage défilait vite. De peur de lui faire mal, il s’accrochait comme il pouvait à la fourrure du loup.

La traversée de la forêt fut rapide et ils ne rencontrèrent aucune difficulté. Par contre après cette longue course, Samuel étant fatigué, il reprit rapidement forme humaine pour manger.

« J’aurais pu manger en loup mais, là vraiment mes bonnes manières laissent à désirer alors pour te faire plaisir et te montrer que je suis civilisé…. »

Et sur ce Samuel engloutit un des sandwichs, qu’il avait préparé le matin, d’un coup. Leriel éclata de rire en mordant dans le sien.

Après cette halte ce fut au tour de Leriel de changer, et à Samuel de s’installer sur le dos du Dragon.

Bien qu’il ait beaucoup lu sur les Dragons, Samuel n’en avait jamais vu.
Il y eut tout d’abord le même halo de lumière faisant disparaître les vêtements de Leriel.
Puis la première chose qui se modifia ce furent les ailes qui augmentèrent en taille. Les plumes blanches qui les couvraient s’envolèrent dans une forte bourrasque. Elles avaient maintenant un aspect membraneux qui leur conféraient force et solidité.

Par la suite, les écailles apparurent sur le corps de Leriel. Elles se tintèrent petit a petit au fur et a mesure qu’elles grandissaient et changeaient l’apparence du jeune apprenti.

Avant que la forme humaine de Leriel ne disparaisse complètement, l’éclat lumineux de ses écailles devint de plus en plus aveuglant. Puis le corps de l’adolescent s’allongea et augmenta de volume jusqu'à atteindre la taille qu’il possédait sous sons aspect animal.

Samuel fut impressionné par la taille et la masse du reptile volant.
Il se demandant comment un tel poids pouvait dans un premier temps se cacher sous l’apparence frêle de Leriel et dans un deuxième temps échapper à la pesanteur.

Leriel avait des écailles rondes passant par différentes nuances de gris : sur son dos, du dessus de la tête jusqu'au bout de la queue. Le gris se dégradait dans des tons assez foncé alors que sous son ventre du dessous de sa gueule jusqu’ au dessous de ses pattes arrières les gris étaient plus clairs et lumineux.
Sa queue était ornée de pic dont la taille décroissait. Ces sortes de grosses épines étaient les derniers éléments qui étaient apparu lors de la transformation.
Mais le plus impressionnant c’était les deux ailes qui étaient de plumes quand Leriel était sous son apparence humaines et qui là étaient membraneuses et lumineuses .Samuel savait pour l’avoir lu que ce que dégageait les ailes était l’aura du Dragon, son identité et sa magie.

« Prêt ? »Demanda Samuel qui reçu le même type de réponse positive que Leriel avant.

Leriel avait déjà transporté des gens sur son dos. Mais aucun humain n’avait comme Samuel trouvé aussi rapidement la façon et le lieu sur son dos où il ne serait pas gênant sans une explication théorique et pratique.
Il se doutait que Samuel devait avoir lu quelque chose à ce sujet, mais il savait que le Loup ne pouvait pas se douter que la théorie seule n’était pas, normalement suffisante à ce genre d’exercice….

Quand à Samuel, il n’avait jamais vu le monde d’en haut. Il s’en sentait grisé, et heureux comme jamais auparavant. Il en éclata de rire alors que Leriel traversait un gros nuage blanc et frais. Il se pencha en arrière écartant les bras, puis il s’inclina sur le dos de Leriel, pour lui murmurer qu’il n’avait jamais été aussi bien et aussi libre.

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Nahel
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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Ven 18 Mai - 4:13

Chapitre 03 partie B


Il ferma les yeux, restant couché sur le cou du dragon un long moment avant qu’une émotion inquiète ne le tire de son bien être.

« Quelque chose ne va pas ? » Demanda Samuel

*danger ? Fut la réponse en émotion du Dragon

« Ou ça ? »

Il se pencha un peu suivant la direction qu’indiquait la tête de Leriel. Il vit au loin de la fumée s’élever dans la direction qu’ils empruntaient. Samuel réfléchit rapidement. Au vue des cartes qu’il avait en mémoire ce qui brûlait pouvait très bien être le fort d’Eldridge ou le village non loin ou les deux.

« Il est possible que ce soit le fort d’Eldridge ou le village….Ou pas » dit-il en mettant sa main en visière pour ne pas être gêné par la lumière.

*veux savoir

« Je m’en doutais….fait attention ? » Murmura-t-il à l’oreille du dragon en s’accrochant à son cou.

Le Dragon accéléra d’un mouvement d’aile puissant, en direction de la fumée. Samuel scrutait la fumée avec angoisse. Si le village ou le fort brûlait, c’était certainement dû soit à un accident soit à une attaque.
Et l’hypothèse de l’accident était peu probable.

Depuis quelques années, les attaques et les incursions du Chaos de ce côté de la frontière se faisaient de plus en plus fréquente. Les Gardiens assuraient au mieux de leurs compétences la protection des civils des différents pays.
Malgré les discours rassurant et positif des moines, la population commençait à craindre le pire.
Les souvenirs et les blessures de la dernière guerre n’étaient pas encore complètement cicatrisés et oubliés.

Leriel commença la phase d’approche et ils virent que le fort et le village semblaient attaqué par une troupe indéfinissable de là ou ils étaient.
A première vue, le fort s’en sortait mieux que le village et Leriel prit l’option de descendre plus bas pour aider les villageois.

Samuel observait du mieux qu’il pouvait les créatures qui s’en prenaient aux humains. Lors du deuxième passage du Dragon au dessus de l’ennemi, il reconnut des orcs à leur façon grotesque et désordonnée de se déplacer et en prévint Leriel.

« D’ici à part les effrayer, on ne pourra pas faire grand-chose…Il faut se poser »Dit Samuel

*pas de place

« Ok, alors vole en rase motte, je sauterais et changerais avant de toucher le sol. Il ne te restera plus qu’à en faire autant et on se retrouve en bas »Exposa Samuel comme plan d’attaque

*Danger pour toi

« T’inquiètes, je retomberais sur mes pattes….Il faut faire vite ou les orcs vont détruire ce qu’il reste et tuer tout le monde ! Nous n’avons pas vraiment le choix, sinon nous planquer et attendre que cela soit finit, mais je ne te le propose pas, ne ?

*Mon devoir

« Je sais…..Alors, en rase motte…. »Conclue le Loup.

Leriel s’exécuta et sentit Samuel quitter son dos et commencer à changer, puis il disparu dans les arbres qui entouraient le village. Le dragon repassa très bas, changeant à son tour. Quand il fut sous sa forme ailée, Leriel ralenti sa course en déployant ses ailes et avant de toucher le sol dégaina la dague à sa ceinture.

Il atterrit silencieusement ce qui lui permit avec l’effet de surprise de tuer quelques orcs avant que ceux-ci ne comprennent qu’on les prenait à revers.
Leriel se retrouva rapidement encerclé et se voyait mal faire face à une attaque massive. Pour le moment il arrivait à les tenir à distance en lançant des sorts de magie offensive mais vu leur nombre il n’arriverait pas à les contenir tous quand un grognement et un cri d’agonie attirèrent leur attention.
Le Loup venait de bondir dans l’arène tuant les orcs qui l’empêchaient de rejoindre Leriel.
Il s’interposa montrant les crocs entre eux et le Dragon.
Les orcs hésitèrent, puis chargèrent, mais ils ne firent pas le poids fasse à Leriel qui maîtrisait encore assez d’énergie pour quelques sorts et le loup qui ne faisait pas dans le détail.

Une fois débarrasser de ceux-là, ils prirent la direction du village : Il brûlait et des cris de terreur résonnaient partout.
Leriel avançait au milieu de tout ça suivi du loup, quand un cri plus strident les guida vers un groupe d’enfant avec une femme armée d’une fourche qui faisait face à trois orcs. La pauvre n’avait aucune chance!

Le Loup chargea détournant l’attention des orcs par un grand hurlement.
Il maîtrisa l’un des orcs mais un coup de masse d’arme de celui qui se trouvait le plus près l’envoya contre le mur d’une maison.
Leriel avait attaqué le troisième et quand il entendit le cri de douleur du loup, il lança la dague pour stopper le dernier orc qui retomba d’un coup, la dague enfoncée jusqu‘à la garde dans sa gorge.

« Ca va ? » Demanda-t-il à la femme, en s’approchant du loup pour voir comment il allait.

« Oui, merci Seigneur ! Sans vous nous étions perdu, merci… Ces monstres nous ont attaqué, pour augmenter leur territoire. Le Fort aussi…Chut les enfants c’est fini. »

Pendant que la femme s’occupait de calmer et de rassurer les enfants, il regarda les blessures de Samuel qui semblait sonné.

« Samuel ?

*Douleur partout, pas d’urgence

« On ne peut pas rester là, il faut trouver un abris »Expliqua Leriel

*Ok

Le loup se releva tanguant légèrement sur ses pattes, alors que Leriel allait récupérer la dague.

Il y eut un sifflement strident et le Loup bondit sur le Dragon, le plaquant à terre alors qu’une hache immense passait au dessus d’eux, puis tel un boomerang repassait dans l’autre sens.

Leriel quand le Loup se poussa, vit un orc de taille monstrueuse les menacer de la hache. Malheureusement il n’avait pas pu récupérer la dague, et ses réserves magiques étaient quasi épuisées. Leriel se mit en garde, alors que Le loup s’interposait en grondant.

« Tu n’as aucune chance, Samuel….Cet orc n’est pas normal »Annonça Leriel impressionné par la taille hors norme de la créature qui les menaçait

* Je sais…Mon devoir…

Comme la veille, le loup fit un saut sur lui-même et la lame fouet apparut. Samuel reprit forme humaine, et encouragea Leriel à se saisir de la lame.

« C’est un cas d’extrême urgence »Dit-il « j’ai pas envie que notre aventure se termine avant d’avoir vraiment commencer. Dépêches-toi, le Loup revient !! »

« Samuel….Je …. »

Voyant que l’autre s’apprêtait à relancer sa hache, il se saisit de l’épée.
La garde de celle-ci se resserra sur sa main qui ne fit plus qu’une avec la lame.

La pierre bleue qui l’ornait scintilla et un mot apparut dedans. Il pu lire : Justice, le nom de l’épée. Il avait l’impression que sa main et son bras étaient envahis par une nouvelle force.

L’orc hurlât et lança sa hache et chargea. Grâce à l’épée, Leriel para et évita la hache pour contre-attaquer au moment où son adversaire récupérait son arme.
Leriel qui savait se débrouiller avec une épée, avait pourtant l’impression qu’il n’était pas maître des mouvements de son bras… Comme si une volonté supplémentaire agissait pour lui faire remporter le combat et cette présence ne pouvait venir que de la lame fouet.

Il portât son coup sur le bras qui portait la hache et le trancha net. Rendu furieux pas la douleur l’orc tenta de le frapper avec son autre main, mais Leriel esquiva et se remit à distance en utilisant ses ailes. L’orc essaya de récupérer son arme mais d’un coup de fouet, Leriel envoya la hache au loin. L’orc allait charger quand le loup, intervint détournant l’attention de l’ennemi et permettant à Leriel de porter le coup de grâce.

« C’est finit »Fit Leriel reprenant son souffle en s’appuyant sur l’épée qui venait de perdre la forme de fouetpour retrouver celle d'une lame.

A ce moment, ils entendirent le bruit d’un cor. Ce devait être la garde du Fort qui après avoir vaincu ses propres orcs venaient porter assistance au villageois.

Leriel se tourna vers le loup pour lui rendre la lame, mais il ne sentait plus les émotions du loup. Aucun message ne semblait plus passer entre Samuel et lui. Et la présence dans la lame qu’il avait sentit pendant le combat, semblait s’être rendormie le rendant libre des mouvements de sa main, mais sans pour autant le libérer de l’épée.

« Samuel…. ?? »

Le loup gronda, montrant les dents sur la défensive.

« Samuel, il faut que tu reprennes la lame fouet ! Ecoute-moi, s’il te plait » Supplia Leriel inquiet.

Le loup semblait mal à l’aise et se déplaçait nerveusement de droite à gauche, le fixant en gémissant. Peut-être qu’il était trop tard et que le garçon n’existait plus ou pire ne voulait pas ou ne savait pas comment revenir d’aussi loin dans sa transformation.

Samuel avait dit qu’il n’était pas complètement éveillé en tant que œil noir…Il semblait savoir beaucoup de choses, apprise dans des livres, peut être ignorait-il lui aussi comment redevenir humain car aucun livre ne contenait ses informations. Il devait s’agir de ça, mais que faire ? Le loup semblait de plus en plus nerveux et ses gémissements se changeaient en plaintes et en grognements.

« Samuel, écoute-moi, je veux t’aider mais…. »

Le Loup s’approcha et Leriel sentit une douleur à sa main droite qui tenait l’épée. Il regarda la garde où la pierre scintillait de plus en plus fort quand le loup s’approchait. Il avança encore et Leriel eut à nouveau mal, mais il compris que le Loup aussi. L’animal se sentait menacer par la lame ou plus précisément par la pierre de sa garde. Leriel commençait à craindre le pire quand le loup chargea.

La lame se mis d’elle-même en garde et libéra un rayon lumineux par le joyau qui frappa le loup au niveau du front, le faisant reculer de douleur. La lame desserra son étreinte sur la main de Leriel et disparut à nouveau dans le loup. L’animal s’écroula avec une plaie saignant là où la lame l’avait frappé…Leriel s’approcha de Samuel et s’accroupi à coté.

« Samuel ?

*Pardon

« OH ! Samuel, tu es là !j’ai eu si peur » Dit Leriel sentant ses émotions, contenu pendant le combat, se libérer en larmes.

*Savait plus où j’étais….La lame …le Loup….

Samuel repris forme humaine. Il était exténué et posa sa tête sur les genoux du Dragon, semblant somnoler.

« Je ne voulais pas te faire du mal » Avoua –t-il dans un murmure le regardant droit dans les yeux

« Je sais Samuel ! Je ne veux plus de l’épée si cela doit … »

« Non, tout ira bien maintenant. Je suis complet ! Je sais ce que je suis…Je sais enfin » Marmonna le Loup avant de fermer les yeux

Leriel aurait bien voulu savoir ce que voulait dire Samuel par complet mais le garçon s’était assoupi, des larmes coulant sur son visage.
Le Dragon ne se sentait pas la force de le réveiller maintenant. Il sourit et s’endormit à son tour gardant le corps de son écuyer contre le sien.

C’est ainsi que les trouvèrent les gardes du Fort et le gardien enseignant qui allait devoir s’occuper des deux garçons.



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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Mar 12 Juin - 4:04

Chapitre 04 partie A


Leriel se réveilla d’un bond.
Il fixa ce qui l’entourait hagard, ne reconnaissant pas l’endroit où il était.
Il s’agissait d’une chambre double toute simple. Le deuxième lit vide était défait.
Il se souvint alors de ce qui s’était passée la veille et pensa à Samuel.
Il s’inquiéta pour son écuyer et se leva.
Apparemment quelqu’un s’était déjà occupé de lui et de ses blessures.
On lui avait même enlevé ses vêtements pour mieux soigner ses plaies dues au combat contre les orcs. Il ne portait qu’une longue chemise de nuit qui avait été découpée pour laisser passer ses ailes. Ne trouvant rien d’autre à se mettre sur le dos, il hésitât à ouvrir la porte, mais ne sachant pas où était Samuel, il se décida à explorer
Après avoir traversé un long couloir, Leriel se retrouva dans une cuisine où une femme lui tournait le dos en s’activant devant les fourneaux.
Il ne vit aucun signe sur la présence de Samuel.

« Excusez-moi »demanda-t-il timidement « Bonjour Madame… Est-ce que vous pourriez me… »

« Ah ! Vous voilà enfin réveillé, jeune homme ! Vous avez l’air en pleine forme ! Vous devez avoir faim, mais allez donc faire comme votre camarade avant de manger. Allez donc vous laver ! C’est la porte sur votre droite là. Allez-y tout sera prêt à votre retour » L’accueillit la femme avec un sourire aimable

« Merci….Merci beaucoup »

Il se sentait rassuré : Samuel était là et il devait être en assez bonne forme s’il avait accepté de se laver avant de manger.
Il ouvrit la porte ne s’attendant pas à tomber tout de suite sur la salle des bains, où Samuel finissait de se sécher. Leriel referma la porte sans bruit et s’approcha doucement remarquant les ecchymoses et les plaies sur le corps de son écuyer.
Samuel se retourna et lui sourit.

« Finit de faire la marmotte, ne ? Dépêche-toi ! Je t’attends pour aller manger »Commença Samuel avec un grand sourire

« Ces marques, c’est… »Fit le Dragon en s’approchant du garçon sans pouvoir détacher ses yeux des blessures de son écuyer.

« T’inquiète ! Tu dois en avoir autant. Tu vas avoir un bon bain et après tu te sentiras mieux ! »

Leriel posa sa main sur le front de Samuel soulevant une mèche de ses cheveux mouillés pour voir l’impact du rayon de la lame.
Samuel sursauta mais il le laissa effleurer la cicatrice qui s’était gravée sur sa peau.

« Tout est bien. Ne t’inquiète pas, Leriel »

« Mais c’est de ma faute ! J’aurais dû être… Je… » S’accusa le Dragon

« Chut !Calme toi. Elle ne me fait pas plus mal que celle-ci »

Doucement il avait saisit la main de Leriel, la déplaçant de son front à son ventre où le Dragon sentit une longue balafre surement due à la première fois où son père avait introduit l’épée dans son corps.

« Samuel… »

« Ne pleure pas pour si peu » le gronda gentiment le garçon « Il n’y a rien à regretter… Je le sais maintenant et je l’accepte. Comme je te l’ai déjà dit, l’épée est à toi et rien qu’à toi. Tu n’as qu’as la demander. »

Leriel enlaça Samuel en hurlant.
Il le serra contre lui comme s’il craignait de le voir disparaitre.

« NON !! Ce n’est pas ce que je voulais. Tu ne comprends pas ! Je cherchais un ami, quelqu’un avec qui pouvoir grandir, quelqu’un. Je me moque de l’épée ! Je croyais que tu avais compris ! »

Leriel s’écroula aux pieds du garçon pleurant toujours à flot.
Il sursauta à son tour quand il sentit Samuel se baisser pour l’aider à se relever en le soutenant.
Le loup le maintint contre lui un long moment avant de lui répondre en lui murmurant à l’oreille.

« Leriel…Nous étions deux à ne pas avoir compris. Je sais que l’épée t’importe peu, mais tout comme le Loup, c’est une partie de moi qu’il faut accepter. Je suis complet maintenant…Ce qui veut dire que tu as ce que tu cherchais : un ami et même plus »

« Samuel ?! »

« De toute façon je ne suis pas en kit démontable ! » Reprit Samuel avec humour

« Idiot ! »

« Ah ! Tiens, on retrouve du poil de la bête, ne ? Va donc te laver ! »

Et Comme s’il n’avait pas pesé plus lourd qu’une plume, Leriel se sentit soulevé et projeté dans les airs jusqu'à la baignoire où il atterrit.
Après le choc et sa surprise, il se mit à jurer alors qu’il entendait Samuel qui riait à se rouler par terre.

« Sale môme ! Tu ne perds rien pour attendre ! »

Leriel enleva la chemise de nuit qu’il portait et la lança sur le garçon qui jura en la recevant en pleine figure.

« Hey ! Je viens de me sécher! Ce n’est pas drôle ! » S’offusqua celui-ci entre deux fous rires

« Ca t’apprendra à bien te tenir ! »

« Bah, puisque c’est ça je vais te laisser tout seul »Le taquina Samuel

« Non, heu attend Samuel…..Il faudrait que tu m’aides s’il te plait, pour mes ailes. Je, enfin si tu veux bien » Le rappela Leriel un peu gêné.

Samuel s’approcha de la baignoire et sans prévenir, enfonça la tête de Leriel sous l’eau.

« Samuel ! Tu n’es pas un peu malade ?! »

« Non »fit le garçon « Mais toi, tu ne saisis pas la plaisanterie et je n’aime pas te voir perdre pied aussi vite. Tu es l’apprenti gardien, je suis ton écuyer. Si tu as besoin de moi, tu n’as qu’à demander. Tu n’as même pas à t’expliquer ou à te justifier ! »

« Mais….. »

« T’es trop poli, Leriel ou t’es bouché ! Il n’y a pas de mais. Même si je râle et rouspète, tu n’as pas à t’inquiéter, je ferais ce que tu me dis, ok ? »

« Ok » répondit Le dragon en commençant à se laver.

« Alors tes ailes, faut y faire quoi ? » Demanda Samuel avec un sourire.

Quand lavé, Leriel sortit de l’eau, il expliqua au garçon comment réorganiser les plumes pour les replacer et les lisser.
Leriel n’avait pas insisté sur le fait qu’un peignage trop brusque faisait mal, comme quand on a des nœuds dans les cheveux.
Samuel s’en aperçu tout seul, quand après avoir peigné un peu fort, il vit Leriel sursauter et serrer les poings. Il tenta d’adoucir son geste et remarqua avec soulagement que le Dragon se détendait.

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MessageSujet: Re: Gardiens des âmes   Mar 12 Juin - 4:09

Chapitre 04 partie B


Quelques minutes plus tard, Leriel et Samuel revinrent dans la grande pièce principale.
Celle-ci servait de cuisine et de salle à manger.
Ils étaient à table profitant de toutes les bonnes choses que la femme leur avait préparé.
Samuel comme à son habitude se goinfrait, sous l’œil amusé de la femme et de Leriel qui mangeait plus calmement.
La femme leur racontait qu’ils avaient été trouvés endormis au village et ramené ici au Fort.
Les villageois avaient voulu s’occuper d’eux, mais le gardien avait refusé, estimant que le village avait assez à s’occuper pour se charger d’eux en plus.
Les villageois les considéraient comme des héros, plus d’un s’était déplacé pour avoir des nouvelles de leurs sauveurs ces deux derniers jours.

« Deux jours ! »Cria Leriel

« Oui, vous avez dormis deux nuits et un jour entier. Je m’inquiétais à ce sujet, mais le gardien a dit que c’était normal. Que vous n’aviez pas la formation pour affronter un tel montre et que vous aviez dû y laisser toutes vos réserves….. »

« Ben, il a pas tord. Je n’aurai jamais fait un pas de plus » fit Samuel en avalant un morceau de pain trop grand pour sa bouche qu’il fit glisser avec du lait.

« Toi mon garçon, t’es un sacré ventre !! En plus il me semble que Le gardien était assez perplexe en vous voyant. Il avait dit qu’il attendait un élève et son écuyer. Mais il a été surpris en vous voyant » Reprit la femme, puis s’adressant plus particulièrement à Samuel. « La première nuit, t’as eu de la fièvre et il a fait appel à son écuyer. Il ne savait pas comment s’y prendre avec toi. »

« M’étonne pas » marmonna Samuel.

« La fièvre ? » Demanda le Dragon

« Oui, il a été malade et il délirait. Heureusement pour vous elle a su y faire face. Tiens je crois que la voilà » fit la cantinière en regardant par la porte de service.

La porte donnant sur l’extérieur s’ouvrit, une femme vêtue de blanc entra illuminant la pièce.
Plus vieille qu’eux de bien 10 ans, elle avait une longue chevelure blonde dont les mèches étaient retenues en arrière par un ensemble sophistiqué de rubans colorés. Grande et athlétique, elle s’avança jusqu'à leur table posant sur eux ses yeux verts clairs.
Samuel soupira.

« Je comprends mieux » maugréa-t-il reconnaissant la race à laquelle appartenait la jeune femme.

« Ah ! Vous voilà rétablis ! Je pensais bien que vous vous réveilleriez aujourd’hui. Comment allez-vous ? » Demanda l’écuyère avec une voix mélodieuse.

« Bien, merci »dit poliment Leriel « Je suis Leriel, Dragon, apprenti gardien et voici Samuel, mon écuyer. »

« Hum hum »fit la femme en leur souriant.

« Quelque chose ne te plaît pas, la vieille ? » Dit Samuel sans la moindre politesse, ce qui surpris Leriel et la cantinière.

Par contre l’écuyère n’en sembla pas offusquée outre mesure et continua de sourire.

« Samuel ! » S’insurgea Leriel, ne comprenant pas la réaction du Loup

« T’es pas très poli pour un chien bâtard » Répondit la femme sur le même ton.

« J’ai prévenu Leriel que les prêtres n’accepteraient pas ma présence, mais je ne vais pas me laisser insulter par une jument ! »Hurla Samuel en se levant d’un bond.

« Tu démarres au quart de tour gamin ! Ce n’est pas un renifleur qui va me dicter ma conduite, surtout quant il est œil noir et qu’il me doit la vie ! »

« Peut être la vieille, mais …. »

« Samuel ça suffit maintenant »s’interposa Leriel.

Samuel se renfrogna et tout en marmonnant se rassoit.
Leriel soupira et se tourna vers la jeune femme.

« Excusez son impolitesse mais si vous avez quelques chose à opposer à la présence de Samuel comme mon écuyer, il faut vous expliquer avec moi. C’est moi qui l’aie choisit ! »

« T’emballe pas jeune Dragon. Moi, qu’il soit ton écuyer je m’en moque, si cela te convient. Mais sais-tu toi ce qu’il est ? Ne t’as t-il pas trompé ? » Lui demanda-t-elle.

« Je sais tout ce que je dois savoir ! Samuel a été particulièrement difficile à convaincre. Maintenant il a accepté d’être mon écuyer. Et bien je le prends comme il est ! »

« Je suis rassurée » Fit la femme en se servant dans la corbeille de fruit sur la table.

« Ben » murmura Samuel « Leriel veut quand même m’apprendre les bonnes manières et la politesse. »

« Ce ne serait pas un mal. Tu pourrais respecter tes aînés, corniaud ! » Reprit la femme avec un sourire

« Vielle carne !... »

Une nouvelle voix grave résonna dans la pièce.
Un homme du même âge que la femme y était entrée sans qu’ils y fassent attention.
Il était plus grand que Leriel d’au moins 15 centimètres. Sa carrure était suffisamment imposante pour que Samuel se retienne de proférer la remarque cinglante qu’il s’apprêtait à répondre.

« Le voyage va nous paraître long, Leriel si ces deux là n’arrêtent pas d’échanger de pareilles civilités ! Bonjour, je suis Farhad gardien et voici Magnifique mon écuyer. C’est une Hyelsharra…Tu sais ce que c’est ? »Continua l’homme brun en s’avançant vers eux avec un sourire moqueur

« Oui » fit Leriel en observant mieux le gardien et son écuyer « Elle appartient à une race magique comme Samuel et moi. Les Hyelshara ont aussi deux apparences : l’une humaine et l’autre ressemblant à des chevaux de grandes tailles, mais je n’en avais jamais rencontré….. »

« Tout comme je suis sûr que tu ne connaissais pas la race des Loups et de l’œil noir avant de rencontrer ton écuyer » Reprit le gardien s’asseyant à leur table. Il commença à manger. « De plus comme tu as pu le constater de tes oreilles, ces deux races là ne s’entendent pas vraiment ou s’entêtent à vouloir, nous le faire croire »

Samuel et Magnifique sur cette remarque, firent la même moue de dédain.

« Oui, je ne savais même pas de quoi il s’agissait mais Samuel m’a tout expliqué. »

« Tout ? » Demanda Farhad à Samuel qui ronchonnait dans son coin, tout en grignotant. Le regard gris du gardien cherchait une faille dans celui du Loup.

« Oui, tout. Tout ce que je suis et tout ce que je sais, je le lui ai dit et il m’a gardé alors maintenant vous allez devoir faire avec ! Parce que je ne suis pas prêt à le laisser partir. Je lui ai dit mais vous, vous pourrez aller vous faire fou… ! »Lança le Loup

« Samuel ! »L’interrompit Leriel

« Les villageois racontent une drôle d’histoire » Reprit le gardien « Leriel tu sais qu’il est interdit de se servir d’une lame fouet tant qu’on n’est pas gardien ou tant que l’une d’entre elle ne vous a pas choisi, à moins d’une extrême urgence, n’est ce pas ? »

« Oui, je le sais » Dit Leriel sans hésiter.

« C’est la lame qui choisie son porteur ? » Demanda Samuel intéressé par ce que disait le gardien.

« Il est normal que toi tu ne saches pas, chien stupide » Le coupa la femme écuyer avec ironie

« Magnifique ! » Rappela Farhad « Tu ne peux pas manipuler une lame esprit avant d’avoir la maîtrise de tes propres forces et faiblesses. Il te faut les rites de la liaison et des entretiens…. »

« La Liaison et des entretiens ? » Demandèrent les deux garçons….

« Vous êtes bien curieux jeunes gens. Nous aurons tout le temps de parler de tout ça pendant la formation après le passage à Bajang. »

« Vous croyez que les prêtres vont laisser Leriel m’emmener ? »Demanda Samuel

« Je ne crois pas» répondit le gardien « D’abord tu es œil noir et en plus tu es Loup. Il y a bien longtemps que les clans loups ont délaissé l’Ordre. Mais ils n’auront pas le choix, ne ? »

« Ils ont tous un caractère de cochon et feront tout pour que tu quittes Leriel de toi-même…Alors prépare-toi ! » enchaîna la Hyelsharra

« Pas de soucis de mon côté »fit Samuel « Ma décision est prise. »

Il se leva et sorti de la pièce sans se retourner. Leriel fixa les deux autres avec inquiétude et interrogation.

« Que voulez-vous dire » Demandât-il

« J’ignore ce qui….Non pour parler franchement, je fais celui qui ignore ce qui a maudit ton écuyer. Mais les prêtres n’en feront pas autant. Ils voudront récupérer ce qui fait de lui un œil noir. »

« Cela le tuerait » confirma la femme « Il est complet maintenant. La fièvre et sa faiblesse actuelle sont dû au fait que l’objet qui le maudit et lui ne sont qu’un. Tu dis avoir choisi Samuel, bien. Mais Samuel réalise que de toute façon vous étiez appelé à vous rencontrer car ce qu’il porte en lui t’était en réalité destiné. »

« Mais…Comment ? »Balbutia Leriel

« Vous deviez vous trouver. A te voir, tu viens des clans du pays de l’ouest, non ? Cela fait un énorme détour pour venir chercher un écuyer ! » Questionna l’écuyère avec un sourire engageant.
Leriel se contenta d’acquiescer de la tête.
C’était un fait qu’il n’avait pas prit le chemin le plus court pour se rendre au fort d’Eldridge.
Mais il voulait trouver son écuyer. Il avait parcouru tout ce chemin pour rencontrer Samuel et il ne laisserait personne se mettre entre eux.

« Et finalement, c’est sûrement mieux ainsi. Mais les prêtres ne vont pas apprécier l’existence d’un fourreau humain entièrement dévoué à son Gardien….Surtout s’il s’agit bien de lame qui manque depuis 14 » Avait continué la Hyelsharra d’une voix ferme.

« Magnifique ! On avait dit qu’on ne le dirait pas ! » Intervint Farhad

« Je sais Farhad, mais il faut aussi que le dragon comprenne bien où il va mettre les pieds !! »

« Je ne veux pas ! Je ne veux pas qu’ils s’en prennent à Samuel. C’est de ma faute, si je l’avais écouté, la première fois j’aurai pris l’épée et il serait » Se remémora l’apprenti en mettant sa tête entre ses mains.

« Mort » le coupa la Hyelshara.

« Non ! Il a dit qu’il resterait Loup ! »

«Ce qui revient au même. Ta sagesse à ce moment vous a sauvé tous les deux. Tu n’aurais pas su te libérer de l’épée et elle t’aurait tué » Expliqua l’écuyer

« Vous avez eus de la chance contre l’orc » Dit Farhad.

« Samuel était complètement perdu. Il ne savait plus s’il était Loup ou lame. Il luttait contre lui-même. Il a dit avoir réussi. Il a dit être complet. Es ce mal pour lui ? Dites-moi, s’il vous plait … » Supplia le Dragon en plongeant son regard dans les leurs.

« Il a dit ça ? Alors non, tout ira pour le mieux » Fit le gardien

« J’en suis certaine » reprit la Hyelshara « Maintenant reste à savoir comment tu comptes surmonter ta propre épreuve. Les prêtres ne te laisseront pas partir en formation sans …. »

« Sans quoi ? » Demanda Leriel sur la défensive.

« Tu crois que tu va pouvoir cacher à ces carnes que tu n’es pas …. »

« A quoi fais-tu allusion ? » Demanda le gardien à son écuyer.

« Hum, je vois » fit Leriel « C’est le cadet de mes soucis. Je ne me suis jamais préoccupé de cet aspect .Si pour eux cela pose un problème, je m’en irais avec Samuel ! »

« C’est tout ? » fit la Hyelshara levant un sourcil étonné.

« C’est tout » Répondit-il en se levant pour sortir à son tour.

Magnifique soupira et se tourna vers le gardien en secouant la tête.

« Ils ne vont pas être faciles à éduquer les nouveaux cette année, s’ils sont tous comme ceux là ! »

« Que redoutes-tu pour le Dragon ? » Demanda le Gardien

« Une épreuve plus dure qu’il ne l’imagine, mais pas insurmontable…Un nouvel imprévu, mais je ne dois pas en dire plus. Tu comprends ? »

« Non, mais comme tu ne me diras rien de plus : je ne vais pas insister. Nous partirons demain. Le Loup pourra porter l’apprenti durant le voyage, ne ? »

« Oui, il aura récupéré ses forces cette nuit… » Dit la jeune femme avec un sourire confiant avant de mordre dans sa deuxième pomme sous l’œil réprobateur de son Gardien.

Leriel avait retrouvé Samuel qui était retourné dans leur chambre. Il s’était allongé sur son lit.
Il s’approcha doucement croyant que le loup dormait.

« Leriel ? »

« Oui, Samuel ? »

« La lame, quand tu seras gardien, elle devra toujours être près de toi ? »

Leriel s’assit sur le lit du garçon qui lui fit de la place.
Il passa une main dans les cheveux de Samuel pour mieux voir son visage.
Leurs regards se croisèrent et Leriel se pencha pour lui murmurer :

« C’est la dernière fois que je te le dis, Samuel….Epée ou pas, j’ai besoin de toi. »

« Merci… Merci pour tout Leriel » dit Samuel en enlaçant le Dragon et le couchant sur sa poitrine.

« Samuel »fit Leriel en rougissant sans que le loup ne le remarque.

« Je suis si fatigué….. »

« Repose-toi » Fit Leriel en se redressant.

« Non, reste, s’il te plaît Leriel. Reste près de moi ! J’ai besoin de toi pour chasser le froid et me sentir vivant »continua Samuel d’une voix de plus en plus assoupie.

« De quoi tu parles ? Samuel ? Attends, ne dors pas tout de suite. Quel froid ?? »Insista le Dragon sentant que ce que lui disait son écuyer pouvait être un indice pour la quête de son feu.

« Le froid de vivre dans l’indifférence…Depuis notre rencontre, j’ai réalisé qu’être vivant ne se limitait pas à vivre près des autres sans les toucher et que je voulais plus que tout être accepté par quelqu’un. Je ne regrette pas ta venue, ni de t’avoir suivit. Tu es le premier à m’avoir dit que tu avais besoin de moi. Je veux pouvoir te dire qu’il en va de même pour moi. Certainement pas pour les mêmes raisons, mais j’ai besoin de toi ! Alors s’il te plaît reste…. »

« Bien, ne t’inquiète pas, Samuel. Je reste et je serais là à ton réveil » Murmura le Dragon à l’oreille de son écuyer

« Merci… »

Samuel s’installa plus confortablement contre Leriel qui le couvrit d’une couverture.
Il ne tarda pas à s’endormir et quelques instants plus tard Leriel en faisait autant, retombant doucement sur le garçon.


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