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 Fanfic "Le Parfum de la Dame en Noir"

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Assaya
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MessageSujet: Fanfic "Le Parfum de la Dame en Noir"   Jeu 12 Avr - 9:23

Fanfic inspirée par le roman de Gaston Leroux, "Le Parfum de la Dame en Noir".
Chapitre unique.


Le Parfum de la Dame en Noir


Je me revois encore, assis dans cette silencieuse et sinistre salle d’étude, à l’orphelinat, où mes camarades et moi-même sommes étroitement surveillés. Le tableau blanchi par la poussière de craie. M.Gibon, assis au bureau, corrige des copies ou peut-être lit-il son journal, je ne me souviens plus. Et mes camarades, tristes uniformes noirs alignés derrière des pupitres. J’entends encore le grattement des plumes sur le papier. Moi, près de la fenêtre, je ne peux empêcher mes yeux de s’égarer au-dehors. Je me demande une fois de plus ce qu’il y a, là-bas, de l’autre côté du mur de la cour de récréation. Et mon esprit imagine encore d’incroyables paysages, de nouveaux personnages. Tout est si terne, ici.

La porte de la salle s’ouvre et tous les élèves, en bons garçons disciplinés, se lèvent. Monsieur le Directeur entre, fait quelques pas et tend le bras vers moi pour m’inviter à le suivre.

« Joseph … »

J’entends bien à sa voix qu’il ne compte pas me réprimander. Mais j’hésite, j’appréhende. Que me veut-on ? Je quitte mon pupitre timidement, d’une démarche maladroite. Mais le sourire de Monsieur le Directeur me rassure rapidement. Je marche avec plus d’assurance, et plus d’empressement, aussi. Car j’ai compris. Nous traversons le hall, remontons le couloir … Mes petites jambes d’enfant de huit ans suivent sans mal les grandes enjambées de Monsieur le Directeur, tant je suis pressé. Car je sais. Je sais que là-bas, dans le bureau, ELLE m’attend.

Enfin je vais LA revoir !

Elle est venue plusieurs fois cette année. Mais d’après ce que je sais, et ce que les surveillants m’ont dit, elle m’observe toujours de loin, après avoir pris de mes nouvelles auprès de Monsieur le Directeur. Comme si elle n’osait plus m’approcher. Qu’ai-je fait de mal ? Pourquoi ne veut-elle plus me parler ? Mais cela compte-t-il vraiment ? Puisque d’ici quelques instants, j’en suis certain, je vais enfin LA revoir !

Nous arrivons devant le bureau de Monsieur le Directeur, au bout du couloir. Quelques sièges sont disposés de part et d’autres du grand panneau de bois. C’est ici que viennent s’asseoir les cancres convoqués par Monsieur le Directeur pour recevoir leur punition. De grandes fenêtres éclairent ce bout de couloir. Dehors, le soleil est radieux. C’est une magnifique journée. Vraiment.

Monsieur le Directeur ouvre la porte et nous entrons. Au fond de la grande pièce, assise sur une chaise devant le bureau, ELLE attend. Je ne m’étais pas trompé ! Je suis si heureux ! ELLE est là ! Celle que l’on appelle « une amie de ma mère » … Mais je ne suis pas dupe. Je ne l’ai jamais été, d’ailleurs. Et Monsieur le Directeur, un jour, a confirmé mes soupçons. Il est des liens et des sentiments qu’on ne peut pas dissimuler malgré sa volonté.

Je ne suis que sur le seuil de la porte, mais déjà un doux parfum à peine perceptible vient chatouiller mes narines. Je le reconnaîtrais entre mille. Elle se lève et je me fige. Dieu qu’elle est belle … Elle est si jeune, si fraîche. Et son sourire empreint de tristesse a quelque chose d’irrésistible. Elle est grande et fine. Elle porte un élégant tailleur noir. Elle a tenté de dompter son épaisse chevelure longue, blonde et bouclée, en l’attachant en demi queue-de-cheval. Une peau pâle, un visage fin, des yeux clairs … Elle est si belle, si élégante, que moi et mes huit ans en avons le souffle coupé. Je la revois qui m’ouvre tout grand ses bras. Et sans tarder, je me jette à son cou.

C’est là qu’il me surprend, me heurte de plein fouet, m’enveloppe, m’embrume l’esprit. Tandis qu’elle me sert tout contre elle, je n’ai rien d’autre en tête que le parfum que je respire. La plus douce et la plus exquise des senteurs. Je ne saurai le décrire parfaitement. Les mots me manquent toujours lorsqu’il s’agit de la Dame en Noir et de son parfum. Un tel parfum est assez doux pour vous séduire mais il est également assez puissant pour vous faire tourner la tête de bien être. D’ailleurs, sa trace ne s’est jamais effacée durant toutes ces années. Parfois encore, j’ai le sentiment de le sentir. Il m’arrive même de humer l’air à sa recherche.

Que s’est-il passé ensuite ? Je me souviens d’avoir pleuré tant j’étais heureux de la revoir. Je me souviens de ses mots tendres à mon oreille : « Je suis si heureuse de te voir, mon enfant. » Nous avons certainement dû parler des récents concours de lecture, d’orthographe, de mathématiques, ou que sais-je, encore. Quoiqu’il en soit, j’en avais remporté la plus grande partie. Alors la Dame en Noir m’a félicité, avec son ravissant sourire. Elle me câlinait et m’embrassait. J’étais vraiment heureux.

Mais rapidement, la Dame en Noir m’a annoncé son départ. J’ai pleuré de nouveau, et de tristesse, cette fois. Mais de vagues promesses, et surtout son enivrant et redoutable parfum, ont suffi à m’apaiser. Alors, la Dame en Noir est partie. Ce qui m’a un peu consolé, c’est qu’elle avait l’air terriblement triste, elle aussi.


Une fois de plus, je me réveille, haletant, en sueur. Seul dans ma chambre, seul dans mon appartement. Je rêve si souvent de la dernière fois où j’ai vu la Dame en Noir … J’ai des images plein la tête et son parfum me donne le vertige. Oui, comme si je l’avais véritablement respiré, il y a quelques instants. Il est des rêves parfois plus forts et troublants que la réalité.

Je me lève, me dirige vers la fenêtre. Je tire sur le cordon et les stores s’entrouvrent. Ils me dévoilent une ville pleine de lumière. Les gratte-ciels se découpent sur l’horizon doré. Le soleil ne va pas tarder à se lever.

Je n’ai jamais su pourquoi la Dame en Noir n’est jamais revenu me voir. Je n’ai jamais su son nom, non plus. Son visage reste incertain dans ma mémoire, ses traits m’échappent, sa voix est depuis longtemps oubliée. Mais parce qu’au fond de moi je souhaite toujours la revoir, parce que je dois être capable de la reconnaître si jamais nos chemins se croisent un jour, jamais je n’oublierai le Parfum de la Dame en Noir.

A.B.
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