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 Anges

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Belzaybeth
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MessageSujet: Anges   Jeu 29 Mar - 20:21

Info: L'histoire de la création du monde, du combat entre bien et mal vu par moi (J'insiste sur l'aspect créatif de l'oeuvre, loin de moi l'idée de remettre en question la science ou la religion)=).

Anges

Mes enfants, voulez-vous entendre une histoire vieille comme le temps ? Alors ouvrez grand vos oreilles ; tout a commencé par le néant...

On me surnomme Dieu, Allah, Jéhovah, Yahvé...Cependant, mon vrai nom est Gaïa. Comment suis-je venue au monde, me demandez-vous ? En toute sincérité, même moi je l’ignore. J’ai l’impression d’avoir toujours été seule au milieu d’un vide infini. Cette solitude était un vrai fardeau, que je compensais en créant de petites boules avec mes mains, petites boules qui devinrent des milliards d’étoiles. Mon talent augmentaient avec le nombre d’astres que je fis, et bientôt je donnai jour à des planètes, dont la plus réussie était sans aucun doute la Terre. Je la rendis fertile en plantant arbres et fleurs, puis je fit naître les premiers animaux. C’était la première fois que je créai des créatures dotés du souffle de la vie, et encore aujourd’hui je suis émerveillée par toute l’activité que ces derniers engendrent. Enfin, ma création ultime, qui va se révéler être une arme à double tranchant, fut l’être humain. J’avais finalement réussi à donner vie à une créature me ressemblant en tout point mais, au lieu de me rassénérer, ma création ne fit qu’augmenter mon sentiment de solitude. Pendant que les être humains s’amusaient sur leur belle planète, j’étais toujours solitaire, traquée par ma propre ombre.
Pour échapper une fois pour toutes à cette solitude, je décidai de faire revenir les humains à mes côtés après un certain temps. C’est ainsi que la mort apparut parmi eux, implacable. Pourtant, je n’en avais cure, maintenant que j’avais de la compagnie. Je vivais ainsi en harmonie pendant des millénaires, mais pourtant le sentiment de solitude ne parvenait jamais à disparaître pour de bon.
Un jour, alors que mes anges me distrayaient par leurs chants mélodieux, un inconnu vint à ma rencontre. Ses cheveux étaient d’un blanc immaculé, contrairement aux miens qui étaient noir de jais, et dans ses yeux je percevais une étrange teinte dorée. Sa présence me causa un grand choc, étant donné que je ne me souvenais pas d’avoir créé pareil créature. Il s’inclina devant moi, puis se présenta :
« Mes salutations à vous, Gaïa. Vos serviteurs vous ont désignée comme étant la maîtresse des lieux. Mon nom est Lucem, et il me fait plaisir de faire votre connaissance.
-Ce ne sont pas mes serviteurs, lui répondis-je en riant, mais plutôt mes enfants, en quelque sorte. Mais dis-moi, si tu n’est pas mon oeuvre, d’où viens-tu alors ?
-Je ne le sais point, me répondit Lucem en toute honnêteté. Je me souviens seulement d’être apparu au milieu du néant, hagard, avant de trouver cet endroit. »
Sa réponse me laissa stupéfaite. Ainsi, il y avait une autre personne comme moi ! Pour la première fois de mon existence, la solitude disparut complètement de mon esprit. Avec un plaisir évident, je l’emmenai voir toutes mes créations. Lucem était complètement émerveillé, et ne cessai de me complimenter et de me faire des louanges.
« Extraordinaire...murmura-t-il. Je ne pensais pas qu’un tel talent sommeillait en vous. Je suis absolument abasourdi par tant de splendeur !
-Ce n’est rien, rétorquai-je, modeste. Attends, je ne t’ai pas encore montré ce dont je suis le plus fière ! »
Avec entrain, je lui montrai la Terre, mon chef-d’oeuvre ultime. Lucem écarquilla les yeux et fixa celle-ci pendant un long moment. Après, il soupira, puis me dit :
« Décidément, jamais je ne serai à votre hauteur...
-Voyons, pourquoi me vouvoie-tu soudainement ? Tu es le seul que j’ai rencontré jusqu’à maintenant qui est né du néant, comme moi. Cela ne fait aucun doute que tu es mon égal ! »
Lucem se contenta de me fixer tristement, puis d’esquisser un sourire. Cependant, cela m’échappa complètement, étant trop heureuse d’avoir trouvé un être qui a connu la même solitude que la mienne. C’est ainsi que je passai le plus clair de mon temps à montrer à mon compagnon mes créations, et à lui parler de ces dernières. Il me tendait toujours un sourire radieux lorsque je lui racontais, sur un ton animé, la gaffe qu’un tel a fait ou la joie qu’un autre avait éprouvé. Avant que je le sache, Lucem m’était devenu indispensable, et je ne pouvais plus imaginer ma vie sans lui à mes côtés.
C’est alors qu’un jour, je pris mon courage à deux mains et je lui confessai ce que je ressentais depuis longtemps.
« Lucem, aurais-tu un peu de temps ?
-Pour vous, toujours, ma dame, répondit-il d’un ton doux.
-Cela fait longtemps que j’y pense...commençai-je sur un ton hésitant.
-Allez-y, m’encouragea-t-il.
-Lucem, je voudrais que tu partages mon trône, déballai-je d’un ton précipité.
-Mais, cela serait trop d’honneur...
-Lucem, tu ne comprends donc pas ? Je veux passer l’éternité à tes côtés ! Deviens mon roi, et je serai ta reine ! Ensemble, nous pourrons créer tellement de choses ! »
Lucem demeura bouche bée devant ma déclaration. Il resta un long moment sans bouger, et juste au momet où je commençai à perdre courage, il me sourit. Cette nuit, nous la passâmes ensemble, et pour la première fois, je connus ce que les humains appelaient l’amour. Nous vécûmes ainsi dans le bonheur total, mais toute bonne chose a une fin, n’est-ce pas ?
Tout commença à s’écrouler le jour où je découvris des papiers recouverts d’une écriture que je n’arrivais pas à lire dans un des tiroirs de la chambre de Lucem. N’y prêtant aucune attention, je les remis pêle-mêle dans le tiroir. C’est à ce moment que Lucem commença à se distancer de moi. Je le voyai de moins en moins, mais je n’avais pas le temps d’y prêter attention, ayant moi aussi beaucoup de choses à régler. Je commençai à avoir des soupçons lorsque je le vis parler en secret à d’autres anges. À chaque fois que je le surprenais avec une autre personne, il détournait le regard et partait. Je décidai donc de le confronter une bonne fois pour toutes.
« Lucem, j’ai à te parler, lui dit-je fermement en le tenant par l’épaule.
-Qu’il y a-t-il, ma mie ? me répondit-il.
-Pourquoi m’évites-tu ? Qu’ai-je fait de mal pour que tu fuis mon regard ?
-Mais absolument rien, mon amour. Tu t’en fais pour rien, répliqua-t-il en déposant un léger baiser sur mes lèvres.
-Je te fais confiance, soupirai-je. Mais si jamais il y a quelque chose qui te tracasse, viens m’en parler, d’accord ?
-Bien sûr, mon trésor. »
Sur ces paroles, il partit d’un pas léger. C’était la dernière fois que je le vis au Paradis. Pendant un temps qui me paraissaît interminable, je courai dans les couloirs, affolée, demandant si quelqu’un avait vu Lucem. Cependant, il semblait qu’il avait vraiment quitté les lieux, parce que personne ne l’avait aperçu. Je quittai donc mon domaine pour chercher mon bien-aimé parmi les hommes.
Après une période qui me donna l’impression d’être sans fin, je réussis à le trouver aux confins de la terre, dans un monde où tout était rouge et brûlant. Sans y penser, je me précipitai vers lui, mais il me rejeta sans ménagement.
« Lucem ! Pourquoi m’avoir quittée ? hurlai de désespoir.
-Tu ne comprendras jamais ! rétorqua-t-il avec rage. Bien sûr, tu pensais avoir tout, un monde parfait, un amant qui t’aime, mais as-tu pensé un seul moment à mes sentiments ? »
Je suis restée bouche bée devant sa soudaine poussée de colère. Lucem n’a jamais haussé le ton une seule fois, encore moins être en colère.
« Gaïa la reine, celle qui gouverne sur tout, dit-il d’un ton méprisant. Capable de créer des créatures dotées de vie, régnant en souveraine absolue sur tout. Bien que tu disais partager ton trône et ta vie avec moi, tu n’as jamais réalisé aucun des deux !
-Mais, si tu voulais plus de pouvoir, t’aurais dû me le faire savoir...
-Je l’ai fait, oh combien de fois ! mais tu n’as jamais daigné même y penser ! Pas maintenant mon amour, tu ne sais pas t’y prendre, mon amour, laisse-moi faire, mon amour...combien de fois as-tu répété ces paroles, ne faisant que m’enfoncer encore plus dans une misère sans fin ?
-Je ne le savais pas, je te demande pardon....répondis-je d’une petite voix d’où transperçait la culpabilité.
-Je te faisais confiance, moi ! Aussi absurde que cela puisse paraître, je t’ai aimé, et je t’ai cru ! Je t’avais toujours admiré, et quel n’était pas ma joie de savoir que tu partageais mes sentiments. Cependant, avec ta soif de tout contrôler, tu m’as détruit, tu nous as détruits...
-Tais-toi ! Je ne veux plus rien entendre !»
Je m’écroulai par terre, exténuée par tant de vérités que je me refusais à accepter. Tout était donc de ma faute. À cause de mon caractère égocentrique, j’ai anéanti ma relation avec Lucem. J’étais tellement abattue par le poids de ces révélations que je fus incapable de me relever.
« Laisse-moi une autre chance. À deux, nous pourrons faire tant de choses...Je t’aime, Lucem, balbutiai-je dans un dernier effort.
-C’est trop tard, Gaïa. Gardes, ramenez-la au Paradis. »
J’étais encore dans un état de désarroi total lorsque les gardes me reconduisirent de force, mais je pus apercevoir des larmes brillantes comme le crystal s’écouler des tristes yeux de Lucem.
Plus tard, je reçus une déclaration de guerre de Lucem, qui changea son nom pour celui de Satan. Le coeur encore accablé par le chagrin, je rassemblai mes sujets pour me préparer au combat. J’ai remporté la victoire facilement, étant donné que Lucem était encore nouveau dans ce domaine alors que j’avais beaucoup plus d’expérience. Cependant, ce triomphe ne fit que m’éloigner encore plus de lui, jusqu’à ce qu’il soit complètement hors d’atteinte.
Pourtant, il me reste encore un espoir. Je suis enceinte de son enfant, et je mise tout sur ce dernier. Je l’enverrai sur la terre sous le nom de Jésus, en souhaitant qu’il me permettra de renouer avec son père. C’est parce que malgré tout ce qui nous sépare, je l’aime encore.
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