Les petits écrivains

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 L'amitié ferme les yeux

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Dorian
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MessageSujet: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 8:46

1.

Et si je commençais un texte sans savoir quoi écrire, en me lançant dans l’incertitude du prochain mot ? Et si je me battais avec ce manque d’inspiration, la peur de la feuille blanche comme on aime l’appeler ?
Si l’incapacité d’écrire est là, c’est souvent que les pensées qui passent ne font que tourner en rond. Elles passent, s’éloignent un instant, puis repassent. Elles tournent autour de moi, autour de toi ; mais ne sont pas des mots. Elles sont seulement sentiments, ressentiments. Intouchables. En mouvement permanent.

Je commence ces bribes de phrases en pensant qu’elles ne sont décidément pas jolies. Qu’elles ne reflètent presque rien. Une âme rêveuse, qui aime caresser les mots pour toucher les cœurs… Une âme pourtant souvent privée de ceux-ci, ses instruments de rêverie.

Voilà ce que cela fait de se retrouver devant sa page blanche. D’avoir l’envie d’écrire alors que les mots ont déserté l’esprit. Une petite mort en soi. Ce mot sonne peut-être excessif. Mais c’est souvent comme ça, on utilise des mots un peu démesurés, comme « je t’aime », puis « je te hais ». Comme pour marquer le coup, compenser une inconsistance par une autre. Enfin, cessons de nous lamenter sur nos petites peines bien futiles à coté de leurs origines, de leurs causes. Ces mots finiront bien par revenir, ils finiront bien par repasser…



Alexandre plia sa feuille, la mit dans un tiroir et regarda par la fenêtre. Un couple de chauve-souris se poursuivait, un peu comme lui essayait de se rattraper. Il ne s’était jamais senti aussi seul qu’à ce moment là. Et pourtant, ce record devenait chaque jour plus difficile à battre. Jamais aussi impuissant devant le vide de sa vie, pourtant bien remplie de rendez-vous, de terrasses, de fax, de courrier de lecteurs. Parfois même, des lectrices se déclaraient sans hésiter. Prêtes à s’abandonner dans le lit d’un homme qui les a un jour emmené, au travers de ses mots, de ses phrases, dans un autre monde.

« Elles m’idéalisent, elles ne savent rien de ce que je suis, elles se croient amoureuses de ce que je laisse transparaître tout comme je le crois moi aussi et elles seraient bien dégoûtées de ma personne inintéressante, morne et désespérément seule »; pensait-t-il à chaque fois, sans toutefois masquer son plaisir de savoir qu’un simple appel téléphonique pourrait lui amener une amante, à défaut d’une aimante. Un pouvoir légèrement jouissif qu’il n’avait pourtant jamais osé exercer.

Ses yeux quittèrent la fenêtre qui, en plus des chauves-souris, lui offrait le reflet de l’air pensif qu’il traînait toujours avec lui. Cadeau qu’il n’eut aucun mal à refuser.
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Dorian
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MessageSujet: Re: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 8:46

2.

22h22 Il est fatigué ; à nouveau une journée tuante. Son nouveau roman lui était réclamé par son éditeur depuis plusieurs mois et il ne parvenait à noircir ne serait-ce qu’une seule page. Un soir de plus à s’endormir sur quelques phrases sans suite. Un soir de plus à fixer les quelques boulettes de papier qui mourraient aux pieds du bureau en bois. Et puis tant pis ! Ce n’était pas cela qui avait le monopole de son émoi ces temps-ci. La position monopolistique était bien occupée par elle, Gaëlle. Elle était sa meilleure amie, sa confidente, presque sa sœur et depuis un certain temps, elle était également la proie de tous ses rêves. Attention, quand je dis rêve, je ne fais pas référence à quelques phantasmes éphémères. Non, je veux dire qu’il pense à elle sans arrêt. Elle l’accompagne partout, dans ses gestes, dans ses mots, dans ses petits sourires déçus. Il n’aurait jamais imaginé pouvoir tomber amoureux d’elle. C’est pourtant arrivé très vite, sans prévenir. Paf ! amoureux ! Ou du moins, sans qu’il veuille vraiment s’en rendre compte. C’est vrai qu’il s’était surpris à reluquer ses fesses une ou deux fois, mais il avait mis cela sur le compte de son célibat s’éternisant. Et voilà, d’un jour à l’autre, il a commencé à penser de plus en plus à elle, à vouloir la toucher, la prendre dans ses bras, renifler son odeur discrètement. Et bien que parfois il ait l’impression qu’elle aussi soit attirée par lui, il n’ose rien. Faut dire aussi que Gaëlle va se marier dans six mois et que les fiancés lui ont trouvé un superbe rôle dramatique : il sera le témoin. Il imagine à peine ce que cela pourrait donner s’il se déclarait maintenant. En fait, il préfère ne pas trop imaginer. Tout ça, ce n’est que du rêve, de l’irréel, de l’impossible.

22h23 Il se lève en pensant tout de même au mot qu’il pourrait éventuellement lui écrire, puis une envie de café prend soudainement possession de son attention. Sa gorge est sèche et il sens déjà l’arôme lui titiller les narines.

22h24 Le café est chaud, Alexandre debout. Il pense à demain : Deux verres à prendre avec des journalistes, un dîner avec un éditeur allemand, des heures de crayons sur du papier au final destiné à la corbeille, une dizaine de cafés, une ou deux douches, quelques cigarettes, peut-être une demi bouteille de bordeaux et environ 18 heures à penser de près ou de loin à Gäelle, en sachant qu’il dort 6 heures en moyenne par nuit. Il reprit un morceau de papier, y inscrit la date, « Gaëlle, » et finit par remplir trois lignes que certainement jamais personne ne lira.


22h29 Il se dirige vers la salle de bain, l’air plutôt réjouis. La chaleur du café lui a donné envie de prendre un bain. Il tourne le thermostat sur 3 et demi, assez pour se sentir embaumé, mais pas trop non plus, au risque d’avoir vraiment trop chaud. Il n’aime pas devoir sortir de son bain pour se rafraîchir l’épiderme. Cela gâche tout le moment, qui se doit d’être relaxant.

22h35 Tout est prêt. La musique démarre (j’ai oublié de vous dire que trois minutes plus tôt il avait introduit un album de Pink Floyd dans le lecteur de la salle de bain.) et la douce odeur de l’huile au jasmin émoustille ses narines. Il aime porter attention à ce genre de petits détails, qui parviennent à le faire sourire comme un enfant. Il se dit alors qu’il n’est pas si mal que ça avec sa plume et une véritable amie comme Gaëlle. Il arrive parfois à penser que ce sont les petites choses comme cela qui sont en fait les choses essentielles de la vie. Il lui en faut peu pour se remettre d’aplomb. Une simple odeur, une phrase ou une image et c’est reparti, il sourit à nouveau. Il se déshabille et s’inspecte un instant dans le miroir, plutôt satisfait, puis se dirige vers l’eau fumante. C’est alors que d’un coup, il sent son corps basculer, son pied vient de glisser en enjambant la baignoire. Sa nuque percute le rebord en fonte. David Gilmour se met à chanter, mais il est trop tard, Alexandre ne l’entend plus, il ne pense même plus. Il gît.

23h42 L’album se meure, lui aussi, sur les quelques sons de cloches du morceau « high hopes », ce qui donne à l’instant une curieuse dimension tragique. L’amour d’un homme pour une femme s’est envolé. Il ne reste plus rien, le vide et un peu de buée.
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Dorian
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MessageSujet: Re: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 8:46

3.

Gaëlle se sent mal. Elle est assise à la table des « plus tristes », la table privilégiée. Celle vers qui les regards de compassion gênés se dirigent, la table des proches d’Alexandre. Elle regarde ses doigts jouer avec la cuillère du traditionnel café funèbre et jette de temps à autre un œil au visage de François, son fiancé. Tout ce qu’elle peut voire est son manque de tristesse. En tout cas, on peut dire qu’il ne semble pas affecté à outrance par le moment, et cela la révolte un peu. Pour ne pas dire dégoûte. Depuis avant-hier, lorsqu’elle a appris la nouvelle, elle ne cesse de se battre contre ce vide énorme qui semble l’attirer. Jamais elle n’aurait imaginé pouvoir souffrir de la sorte tout en restant debout, capable de parler et de respirer. Vivante. Elle a comme un sentiment d’inaccompli et elle ne sait pas pourquoi. Elle ne se sent plus à sa place. C’est à peu près comme cela qu’elle s’était imaginé la souffrance de sa mère lorsqu’on lui a annoncé la mort de son fils, renversé par un autobus deux ans plus tôt. Elle, curieusement, n’avait alors pas été plus touchée que ça par cette disparition, pourtant assez violente et inattendue. Oh, elle avait pleuré sur le coup, bien sûr. Elle avait souvent pensé à lui depuis, mais jamais elle ne s’était sentie comme laissée à l’abandon. La mort d’Alexandre prenait une toute autre tournure. Étrangement, elle savait à présent que cela allait changer le cours de sa vie. Mais peut-être est-ce normal, au début ? Elle profite de cette question qui vient comme le rideau sur la scène, pour aller commander un verre d’eau avant de partir, sans oublier François.
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MessageSujet: Re: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 8:52

4.

Elle entre dans la rue Guérin et se gare de façon assez mécanique derrière la Citroën de son ami. Elle n’a pas vu le temps passer et se souvient à peine de son parcours. Absorbée par ses pensées, elle avait roulé pendant une bonne heure et demi. Elle sait maintenant à quoi ressemble un mode pilote automatique. Elle se dit que les commandants d’avions de ligne sont vraiment payés à ne rien faire, puis cherche ses clefs au fond de son sac. Le même bruit à chaque fois. Un bruit qui résonnera sûrement longtemps encore dans son esprit. C’est fou comme les détails prennent soudain une énorme importance quand l’essentiel appartient au passé.
Durant cette minuscule heure et demi, elle s’était repassé des épisodes de son enfance, dans un petit village à 300 km au sud de Paris. Elle y vivait avec ses parents et Alexandre était son voisin d’en face. Jusqu’à 2 ans, ses parents le lui avaient raconté, Alexandre et elle ne se supportaient pas. Dès que leurs mères prenaient un café ensemble pour parler des derniers épisode de leur saga réalité, les histoires du voisinage, et qu’ils se retrouvaient l’un trop près de l’autre, cela dégénérait en coups de jouet ou en cris de (fausse) douleur. Cette dernière manœuvre, assez prisée par la petite Gaëlle paraît-il, avait pour unique but que l’autre se fasse gronder. On ne tape pas sur les petites filles Alexandre ! Alors on les installait aux deux extrémités de la longue table de salon et ils ne cessaient de se lancer des regards froids et féroces. Plus tard, ils avaient appris à s’apprécier et au fur et à mesure des âges devenaient de plus en plus proches, de moins en moins séparables. Tous les étés, depuis leurs 6 ans jusqu’au début de leur adolescence, ils allaient piquer des pommes dans le jardin du curé. Il s’appelait Lacase, mais tout le monde, à part quelques brûleuses de cierge un peu coincées, l’appelait « le père Lachaise », à cause de sa figure d’enterrement. Un jour, alors qu’elle revenait du marché avec un panier rempli de fruit, le curé lui lança, l’œil pétillant : « Alors, elles ne sont plus assez bonnes mes pommes ? ». Et rouge de gêne, elle força le pas pour s’éloigner le plus vite possible du curé qu’elle entendait rire à pleines dents derrière elle. Ce jour là, elle comprit que le père Lachaise n’était en fait pas vraiment un triste vieillard. Ce n’était pas lui qui était morne, mais sa vie. Il venait de le lui prouver. Elle avait beaucoup réfléchi à cela et bien plus tard, en était arrivé à la conclusion que c’était sa vie d’adulte qui était morne. Son seul plaisir était d’espionner deux gosses entrer dans son jardin pour lui piquer, avec une excitation jubilatoire visible, les quelques pommes qu’il avait laissé traîner exprès pour l’occasion. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire à chaque fois qu’elle repensait à cela. Elle n’en avait jamais rien dit à Alexandre, pour sauver au moins à moitié le bonheur de leur espion.
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MessageSujet: Re: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 8:53

5.

Une fois entrée dans l’appartement de son ancien complice voleur de pommes, elle se sent directement envahie par cette odeur de tabac mielleux qu’Alexandre fumait parfois. Elle se force à ne pas rester inactive, car elle sent bien que trop penser dans cet appartement ne lui ferait que du mal. Elle est venue ici pour commencer à ranger un peu et reprendre éventuellement un ou deux objets. La mère d’Alexandre le lui avait demandé par téléphone après lui en avoir vaguement parlé il y a trois semaines, après la messe d’adieu. C’est tout naturellement qu’elle avait dit oui, même si cela lui faisait mal à présent d’effacer comme cela les traces d’une vie. Chaque objet de cette pièce lui semble d’une extrême valeur, et rien que de les toucher lui procure des sensations étranges. Elle soupire souvent depuis la mort d’Alexandre et elle ne se sent plus capable de mener à bien quoi que ce soit. Elle s’éloigne petit à petit de son futur mari. Ou devrait-on dire, de son fiancé ? À chaque souvenir d’Alexandre son amour pour François se transforme un peu plus en point d’interrogation. Elle tente bien d’arrêter tout cela, détruire le présent ne ramènera pas le passé, mais elle a beau essayer de penser à autre chose, elle a beau essayer de chasser les rêves et les cauchemars, rien n’y fait. Alexandre est en elle et elle ne peut pas l’en empêcher. Plusieurs fois déjà dans sa vie elle s’était mise à douter de son amitié envers Alexandre. Non pas qu’elle ne ressente plus rien pour lui, mais bien car elle avait parfois l’impression de se ressentir autre chose. Pas plus de sentiments, mais un autre genre de sentiment. Cela lui arrivait de se sentir attirée par lui, physiquement, oniriquement. Beaucoup ne croient pas en l’amitié des deux sexes, et eux, ils se sentaient perdus à chaque fois qu’ils se prenaient la main. À chaque fois qu’il venait vers elle, elle sentait son sourire un peu mystique la désarmer. Ce sourire un peu mystérieux la rendait vraiment vulnérable parfois, et tellement forte d’autres fois. Souvent elle avait eu envie de lui en parler, ou simplement de l’embrasser. Mais comment faire ? C’est comme avouer à son frère que l’on est tombé amoureux de lui. Elle s’imaginait aller vers sa bouche lentement, frôler ses lèvres avec la timidité des premiers baisers. Puis elle se ravisait, se forçait à refouler toutes ces images, ces envies, ces besoins au plus profond de son cerveau pour que ça y reste le plus longtemps possible et n’en toucha jamais mot à son presque frère. Et depuis presque un mois toutes ces pensées ont refait surface et tournent en rond inlassablement, en s’aggravant même.
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MessageSujet: Re: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 8:55

6.

Un an, jour pour jour, qu’Alexandre l’a quitté et six mois qu’elle aurait dû épouser François. Un soir d’octobre, elle lui a dit qu’elle se sentait totalement perdue et qu’elle pensait que s’engager maintenant ne ferait qu’empirer les choses. Assez cru comme déclaration de désamour, à trois mois de la cérémonie. Curieusement François avait presque semblé soulagé. Une larme ou deux avaient coulé sur ses joues mais il avait souri. Un peu comme quand on sait qu’une personne qu’on aime doit s’en aller et qu’il sera plus heureux ailleurs. Elle lui était d’ailleurs très reconnaissante d’avoir facilité la séparation de la sorte. Les gens facile à quitter, ça force quand même le respect.
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MessageSujet: Re: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 8:56

7.

Aujourd’hui elle est là, assise sur le rebord de la fenêtre à regarder les arbres du cimetière. Elle a finalement repris l’appartement d’Alexandre après la séparation et aime imaginer que son ami reprend vie dans les feuilles du grand saule qui verse ses larmes sur les tombes de ses nouveaux voisins. La vision est paisible. Saint Pierre l’enlève de sa rêverie en sonnant 21h et elle baisse ses yeux sur la boite en carton qu’elle a osé pour la première fois poser sur ses genoux. Il y déposait une partie de ses textes. Souvent des morceaux de pages sans destination, mais qu’il jugeait trop belles pour jeter à la corbeille. Elle hésite encore un peu, partagée entre une certaine sensation d’interdit et une envie folle de l’entendre lui dire de nouvelles choses, à travers son encre. Et puis tant pis, après tout, ils n’avaient pas de secrets à se cacher, ou presque. Tant pis pour sa mauvaise conscience. Elle soulève doucement le couvercle, comme s’il contenait un animal blessé et touche du bout de ses doigts les feuilles de papier recyclé pleines de mots et de croquis aux traits légers.
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MessageSujet: Re: L'amitié ferme les yeux   Mar 24 Juil - 9:00

8.

C’est alors que Gaëlle sent soudain son corps sombrer, en arrière ou en avant, elle n’en sait même rien. Son cœur semble vouloir sortir de sa poitrine et ses yeux ne savent plus vers quel extrémité du contraste se tourner. Ses mains ont été désertées de toute raison et tremblent d’une manière tellement vulnérable qu’on aurait peur de les toucher. Ses jambes, elles, rappellent curieusement celles d’un bébé girafe qui vient de naître et qui, pendant une vingtaine de minutes au moins, n’est capable que de tomber dans tous les sens, risquant le coup du lapin à chaque fois. Elle se sentait comme cela, risquant le coup mortel à tout instant, déjà agonisante mais pourtant plus vivante que jamais. Foudroyée. Des larmes ont inondé ses yeux et sa bouche est partagée entre sourire et dégoût. Elle vient de prendre en main les dernières phrases d’Alexandre, datées d’il y a un an, jour pour jour, presque heure pour heure. Et si elle pouvait penser à cet instant, elle se demanderait certainement comment faire pour ne rien regretter.


*** FIN ***

*** un texte de Dorian Lahnberg ***
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