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 I have a dream

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AuteurMessage
Zélia
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Nombre de messages : 1
Date d'inscription : 09/07/2007

MessageSujet: I have a dream   Jeu 12 Juil - 15:32

J’ai fait un rêve…un rêve d’eau, d’odeurs, de textures et de paysages…J’ai rêvé de piste, de oued asséchés, du crissement des sabots de mon cheval sur le sable, de danses aux sons des bendirs...

Je vois des falaises au grés ocre, je sens le doux et sucré parfum des bosquets de lauriers-roses parsemés ici et là, le soleil encore chaud et haut écrase les montagnes mais dans le creux de la vallée, il fait bon.
Le soir venu, je suis charmée par les odeurs sucrées des figuiers surchauffés, par la finesse du sable qui accueille mon bivouac sous mille étoiles, par le bruissement des insectes, j’allume un petit feu pour cuire le pain. La paix. Enfin. Celle du voyageur solitaire, un peu béotien, poète à la dérive. Plus rien n’importe. Deux mois de liberté. Je n’ai pas vraiment de but. Tout est un peu flottant, un peu vague ; chaque pas est une entrée dans l’inconnu et de cela naît une immense joie : je me repose désormais dans la main du hasard. Cette lente dérive m’emmène vers mon destin, j’en suis certaine.

Au petit matin, j’ai cueilli un peu de menthe sauvage pour le thé, que je ne bois d’habitude jamais, mais l’exception…et je déjeune d’un reste de pain cuit la veille.

A la sortie du canyon, le chemin longe un canal d’irrigation dont je ne me souviens plus le nom, qui court à l’horizontal, accroché à des pentes vertigineuses, amenant l’eau à des champs d’altitude perchés sur leurs terrasses de pierres sèches. Je progresse doucement vers les hautes vallées, traversant de magnifiques paysages. J’ai dorénavant quitté le désert, l’air devient plus frais et les paysages rappellent parfois les Alpes du Sud de la France.

Je traîne un peu au bas d’une cascade, douche et lessive oblige ! L’eau est glaciale mais tellement vivifiante !!! Après m’être séchée au soleil, je prends la direction du petit village proche, il me faut trouver une écurie pour la nuit où poser les sabots de ma fidèle monture.

Il règne une animation inaccoutumée dans ce village. Je croise deux hommes qui m’indique le château du chef du village et qui me disent « tu as de la chance, c’est soir de fête !!! Sois le bienvenu !!! ».
Ils me parlent comme si j’étais un homme, c’est étrange, j’ai pourtant l’impression d’être toujours une fille !!! C’est vrai que je porte des vêtements masculins…

J’ai pénétré dans la cour de l’édifice, cernée sur trois côtés par les hautes murailles des tours, le quatrième côté étant ouvert sur le vide sombre. On me reçoit avec empressement, deux hommes s’occupent de ma monture. Un troisième me prend par la main pour me guider vers ma chambre, juchée au sommet de la plus haute tour. Cet homme c’est toi !!! Tu te retournes et me souris au milieu des marches de cet escalier, tu approches ton visage tout près du mien, si près qu’il le touche presque et me murmures dans un sourire « je sais qui tu es… » avec ton petit air malicieux…Mon paquetage déposé, nous redescendons.

Peu à peu, tout le village s’est réuni dans la cour pour une veillée de chants et de contes. On m’apporte un plat fait de…euh je ne saurais trop dire !!!! avec un mélange de viandes, une sorte de goulasch…(subrepticement je repense à cet épisode dans l’un des Indiana Jones où le repas se compose de cervelle glacée de singe, de soupe d’œil etc. C’est soir de fête et tous les invités doivent bien manger. Refuser serait d’une rare impolitesse et d’ailleurs je n’y songe pas, j’ai faim ! D’autant plus que c’est délicieux !

Après le repas, nous sommes sortis sur la terrasse. Un serviteur a allumé des lanternes avant de se retirer, telle une ombre muette. Sous le ciel vibrant, les tapis étendus aux pourpres lumineux ont des franges chatoyantes. L’obscurité a redonné du lustre à ces vestiges des fastes d’autrefois. Devant nous, plus bas, les danseurs ont allumé un feu autour duquel se sont regroupés les musiciens. Une heure passe. Les hommes attendent. L’un d’eux a lancé « Ho ! Vous, villageois, venez danser ! ». Il n’a pas parlé aux femmes, ce serait de la dernière inconvenance, mais tous savent que c’est à elles que s’adressait l’invitation. Enfin deux ombres apparaissent, puis deux autres, drapées dans des volutes de tissus vaporeux et soyeux. Encore plus fières qu’à l’accoutumée, rendues hautaines par la distance qu’impose la fête, retranchées derrières leurs lourds bijoux que magnifient encore un peu plus leur port majestueux, elles sont reines.

Le rythme des bendirs a bercé leurs premières relances vocales après l’improvisation du soliste qui raconte ma présence au village, la récolte, l’eau qui coule en cascade. La première stance dissimule son message dans le code délicat et obscur de la courtoisie berbère : « la joie emplit mon cœur, les femmes sont arrivées, les femmes sont là, mon cœur bat plus fort, mon corps vit plus fort ». Et les regards s’allument. Les danseurs quasi impassibles activent plus fort la mécanique de leur corps devenu réceptacle des ondes des tambours, les femmes au coude à coude ondulent imperceptiblement, mouvement ténu, trahi seulement par le cliquetis de leurs chaînes d’argent, de leurs bracelets et des pièces de monnaie sur leur front.

Ce soir, je sais ce désir qui anime hommes et femmes, même s’ils ne l’expriment qu’au travers des formes codées de leurs danses. Tout est si perceptible ! Ce soir je sais des histoires de femmes troussées par un marchant ambulant ; je sais la douceur d’une peau, ce regard malicieux de jeune fille effrontée qui se cache de la main pour rire et enflammer l’homme ; je sais des merveilles insoupçonnées sur ces souveraines autrefois libres, soumises mais encore fières, écrasées par la vie rude et le pouvoir des hommes. Je sais aussi que l’intelligence, le sens de la répartie, la gaieté vraie sont l’apanage de ce peuple chez qui j’ai trouvé l’esprit le plus authentique, celui qui naît de la profondeur de l’humain, d’un cœur ouvert.

Je rêve, assise sur plusieurs épaisseurs de tapis, mi-femme, mi-homme, entouré de burnous blancs ou noirs. Une main amie m’a couverte d’une lourde cape aux senteurs de moutons, la nuit est fraîche malgré l’été fort avancé…Tu es là, tout près de moi et me tiens la main sous l’épaisse couverture, je me blottie un peu plus contre ton épaule. Je suis bien, je n’ai plus peur de rien, tu me murmures des histoires au creux de l’oreille, ta voix finit par s’éloigner peu à peu, je lutte contre ce traître sommeil qui gagne du terrain. Un sentiment de douce plénitude et de sérénité envahit chaque fibre de mon corps et de mon esprit…

Je rêve de retrouver cette limpidité dans mon rapport à la vie.
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